Grèce, sortie de crise, sortie de l’euro, par Costas Lapavitsas

http://www.monde-diplomatique.fr/2012/06/LAPAVITSAS/47794

La crise grecque approche du point de non-retour. Les décisions qu’Athènes s’apprête à prendre influeront sur l’évolution du projet européen au cours des prochaines années. Les commentateurs estimant que la Grèce est un « petit pays » — ne représentant que 2 % du produit intérieur brut (PIB) européen — et que l’impact d’une déflagration hellène sera aisément contenu n’ont peut-être pas pris toute la mesure de la débâcle actuelle.

La tempête qui balaie la Grèce résulte en premier lieu de sa décision de rejoindre la zone euro le 1er janvier 2001, un choix qui allait conduire à la dislocation de son économie. Le pays fait en effet les frais du mythe selon lequel l’adoption d’une « monnaie forte » placerait les économies faibles sur un pied d’égalité avec les plus robustes. On s’aperçoit désormais que de telles politiques finissent par affaiblir les acteurs les plus vulnérables — une logique dont le Portugal, l’Irlande et l’Espagne pourraient bientôt offrir une nouvelle démonstration. Lire la suite

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La fausse solution des eurobonds, par Frédéric Lordon

http://blog.mondediplo.net/2012-06-01-La-fausse-solution-des-eurobonds

Au point où le destin de la zone euro, et en fait de l’Union tout entière, se trouve rendu à l’alternative radicale de l’explosion ou du fédéralisme complet, il semble bien que vae victis soit la réponse, malheur aux vaincus, aux demi-habiles et aux faux visionnaires, architectes prétendus d’une grandiose construction politique mais sans la moindre culture politique, ou du moins persuadés que l’ingénierie des pactes fiscaux pouvait leur en tenir lieu. Il est à craindre en effet que les ouvriers paniqués de la onzième heure ne puissent accomplir ce qui aurait dû être entrepris depuis très longtemps, mais à quoi en fait ils se sont toujours refusés, et que le temps compté d’une crise aigüe ne leur laissera pas accomplir : la construction d’une souveraineté démocratique européenne. Par quel miracle d’ailleurs les apprentis néo-démocrates pourraient-ils retrouver, en fait même trouver tout court, les voies d’une réintégration des peuples quand leurs efforts les plus constants n’auront eu de cesse de les tenir écartés depuis l’origine ? Fidèles à leurs réflexes incorporés et dans l’effroi de la destruction imminente, c’est de nouveau par la voie de l’ingénierie financière que les gouvernants européens pensent se sauver et finalement repousser encore un peu le moment politique fatidique. Lire la suite

Euro, terminus ?, par Frédéric Lordon

http://blog.mondediplo.net/2012-05-24-Euro-terminus

La science économique n’existe pas. Il n’y a que de l’économie politique.

Il faut pourtant toujours des événements extrêmes pour dessiller ceux qui feignent de croire, ou pire, croient de bonne foi, que l’administration des choses pourrait remplacer la délibération des hommes. Ça tombe bien, en voilà un qui s’annonce. La perspective d’une sortie de la Grèce de l’euro, puis celle d’une possible décomposition de la monnaie unique par effet de contagion, promettent de rappeler à grand spectacle ce qu’il en coûte d’ignorer la part politique de l’économie. Car il suffirait de figurer l’enchaînement possible des choses sous la forme d’un arbre de décision pour apercevoir que, quoique configuré par des contraintes économiques, chacun de ses points de bifurcation a fondamentalement la nature d’un acte politique de souveraineté. La Grèce continuera-t-elle de se soumettre à l’austérité ? — politique. Décidera-t-elle le défaut en grand ? — politique. L’Europe réagira-t-elle en tentant de la garder dans l’euro ou en la poussant dehors ? — politique. Est-ce la Grèce elle-même qui anticipera en réarmant sa banque centrale et en retournant à la drachme ? — politique.

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Comment sortir de la crise grecque ? par Yanis Varoufakis

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3206

Deutsche Welle, 4 février 2012

« Transformer des États faillis, comme l’est la Grèce, en friches ensoleillées au sein de la zone euro, tout en contraignant le reste de l’Union monétaire à entrer dans une spirale déflationniste de désendettement, serait le meilleur moyen de compromettre la viabilité à long terme du coeur de l’Europe. » Lire la suite