Réquisition contre grève dans le métro athénien

Jeudi après-midi, huitième journée de grève dans le métro athénien, le gouvernement grec a décidé la réquisition, une mesure prévue par la loi que dans des circonstances exceptionnelles telles que les fléaux, les épidémies ou les calamités ou au profit de l’armée en cas de guerre ! Cette décision a suscité un tollé syndical et politique et a été dénoncée en tant qu’autoritaire et antidémocratique : « une mesure extrême » contre le droit de grève, selon le secrétaire général de la Confédération Générale des Travailleurs Grecs (GSEE), « une mesure digne d’une junte » selon un délégué du personnel. Il est à noter que le non-respect des consignes de la réquisition se traduit automatiquement à des licenciements.

Appuyés sur une décision de justice jugeant le mouvement « illégal et abusif », le ministre du Développement, Hatzidakis, ainsi que le Premier ministre, Samaras, mènent la bataille idéologique en qualifiant les travailleurs en grève des « privilégiés » et des représentants « d’intérêts corporatistes », tout en ajoutant qu’ils ne vont tolérer aucune exception dans les mesures prévues par le troisième Mémorandum et les plans de rigueur. Au préalable, ils avaient pris soin de gonfler un peu les chiffres en faisant état de salaires moyens bruts à plus de 3.000 euros dans l’entreprise…

De leur côté, les travailleurs se battent pour empêcher une casse du code de travail entrainant l’abolition des subventions collectives dans le secteur, ainsi que contre les coupes drastiques suite à l’alignement des salaires sur une grille générale déjà révisée à la baisse. Voici le témoignage de Spyros Revythis, secrétaire du syndicat des travailleurs au métro d’Athènes : « Je suis électricien avec 22 ans d’ancienneté. Je travaille à 20 et à 30 mètres sous terre, ce qui comporte des risques pour la santé. J’ai déjà attrapé la leptospirose, mordu par un rat. Je suis chargé de la maintenance des réseaux à 20 000 volts, là où nous risquons de nous faire carboniser à la moindre faute. Je travaille la nuit et, obligatoirement, trois dimanches par mois. Toutes ses heures ne seront plus prises en compte. Mon salaire est de 750 euros par mois, auxquels s’ajoutent 150 euros liés aux conditions sous lesquelles je travaille et 110 à 120 euros pour le travail de dimanche. Tout cela brut. »  Lire la suite

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