Médias grecs contre Tsipras – de Maria Malagardis

Aujourd’hui les grecs votent pour ou contre les mesures d’austérité imposées au pays pour faire face à la dette du pays. Rien n’aura permis le déroulement du vote dans une atmosphère apaisée, ni le temps court entre l’annonce du referendum et le vote, ni l’énorme pression financière /chantage financier exercée sur le gouvernement par l’Eurogroupe et la BCE, ni le parti pris de la majorité des médias privés qui ont oubliés toute déontologie journalistique dans leurs attaques violentes contre le gouvernement et Tsipras personnellement. La chaîne privée SKAI s’est positionnée en première ligne de du front du Oui (pour les mesures). Un exemple est cet article écrit par un jeune psychiatre qui dresse un portrait clinique de G. Varoufakis (ministre de l’économie) à partir des impressions que lui a laissé celui ci dans ces apparitions dans les médias (donc sans jamais l’avoir eu en consultation). Il diagnostique sans sourciller au « syndrome de l’insulte » et un profil narcissique. Il se positionne ainsi à l’opposé de toute déontologie du métier et participe à sortir le débat public du champs politique et sociétal.

Maria Malagardis dresse un portrait de l’atmosphère qui règne dans les médias. Ci dessous son article parut dans Libération.

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La Grèce n’est pas un pays «normal», par Stathis Kouvelakis

Le texte de l’intervention de Stathis Kouvelakis à la soirée de soutien aux citoyens grecs organisée par Mediapart et Reporteurs Sans Frontières le mardi 18 juin au Théâtre de Châtelet (voir la vidéo ci-dessous).

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Si un doute subsistait encore à ce sujet, il est désormais levé : la Grèce n’est pas un pays « normal ». Dans un pays « normal », de nos jours, en Europe, ce genre de choses n’arrive pas, seulement dans des dictatures ou dans des pays sous occupation. Seulement voilà, sans être sous le joug des militaires, ou d’une armée étrangère, la Grèce a cessé d’être un pays « normal ». Depuis maintenant trois ans, elle a, en effet, pris congé de ce qui, ici ou ailleurs dans notre continent, est considéré comme relevant de la « normalité ».

Car il ne saurait bien entendu y avoir de « normalité », de vie en commun tolérable, dans un pays dévasté, où la récession et le chômage atteignent des niveaux inconnus depuis les années 1930. Dans un pays où la discussion ordinaire des lycéens est la destination vers laquelle elles ou ils comptent émigrer.

Il ne saurait y avoir de « normalité » avec des écoles, des universités, des hôpitaux qui partent à la dérive, quand la population est confrontée à ce qu’on peut qualifier de désastre humanitaire.

Il ne saurait y avoir de « normalité » quand, comme nous l’enseigne l’expérience historique, le désespoir et la colère impuissante d’une société paupérisée et humiliée se tournent contre les groupes les plus fragiles, dont la vie devient un enfer et qui replongent dans une horreur que, là aussi, on croyait oubliée dans nos pays depuis les années 1930. Lire la suite

ERT : Décision du Conseil d’État, quelques précisions, par Georgia Bechlivanou Moreau

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Hier soir, lundi 17 juin, le Conseil d’État grec a statué sur le recours en référé du syndicat du personnel de l’ERT (POSPERT) contre la décision du premier ministre grec
de fermer ERT et bloquer immédiatement toutes les diffusions. Voici quelques précisions après lecture de la décision du Conseil d’État :

1. Cette décision est provisoire et ne se prononce pas sur le fond de l’affaire;

2. Sur le fond, la décision sera rendue fin septembre;

3. Elle ne concerne qu’un volet du recours : l’arrêt de la diffusion des émissions d’ERT et non pas la fermeture d’ERT;

4. Elle ordonne donc la reprise de la diffusion des émissions, mais laisse la partie de la mise en œuvre de la disparition d’ERT intacte;

5. Sa mise à mort continuera donc à produire des effets jusqu’à l’examen sur le fond en septembre, et sa liquidation peut commencer à tout moment;

6. Elle laisse entendre que les actuelles équipes pourraient continuer à travailler sous le contrôle d’un comité de liquidation, comme dans des procédures de liquidation d’une entreprise, jusqu’à la mise en place de la nouvelle équipe, voire, que la rediffusion ne pourra reprendre que lorsque cette nouvelle équipe sera recrutée.

Pour plus de précisions, nous attendons la nouvelle rencontre de la « troïka de l’intérieur » (Nouvelle Démocratie, PASOK, Gauche Démocratique), programmée pour demain, mercedi 19 juin.

Non à la fermeture d’ERT ! Pour un audiovisuel public de qualité !

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Le gouvernement grec a annoncé hier la fermeture, en l’espace de moins de 12h, de l’organisme de l’audiovisuel public (ERT*) sous prétexte d’ « assainissement et de restructuration ». A l’aide des forces de police, toute émission a cessé avant minuit. Engageant une épreuve de force inédite, cette décision, appliquée par simple décret ministériel, entraine le licenciement direct de 2656 travailleurs et la suppression de presque 4000 postes au total. Inspirée par les consultants du Premier Ministre Antonis Samaras, la fermeture n’a été applaudi que par la Nouvelle Démocratie et l’Aube Dorée ! Tous les autres partis (SYRIZA, Grecs Indépendants et KKE de l’opposition, PASOK et DIMAR de la majorité) l’ont désapprouvée.

La fermeture survient au moment où les commissaires de la troïka sont à Athènes, alors que le gouvernement grec devrait remplir jusqu’à fin juin l’objectif assigné par les créanciers de la Grèce de supprimer 2000 emplois publics. L’épisode vient se rajouter à la longue liste du démantèlement progressif des services publics, en vertu des « plans de sauvetage » et des cures d’austérité auxquels sont soumis les peuples. Et pourtant, le mercredi 5 juin dans un rapport le FMI faisait son mea culpa en ce qui concerne le premier plan de sauvetage de la Grèce en 2010 et en remettant en cause l’efficacité même de la structure hybride de la troïka, aujourd’hui en charge de quatre plans de sauvetage dans la zone euro. Lire la suite

Pour que l’ERT* reste grande ouverte !

par l’Assemblée Générale des journalistes d’ERT (: Radiophonie Télévision Hellénique), l’organisme de l’audiovisuel public.

source :  http://dimosiografoiert.blogspot.fr/

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Le gouvernement grec vient d’annoncer la fermeture immédiate de l’organisme de l’audiovisuel public (ERT) sous prétexte d’«assainissement et de restructuration». Toute émission devrait cesser ce soir, mardi 11 juin, à minuit.

Cette décision prise en catimini et appliquée par simple décret ministériel entraine le licenciement direct de 2 656 travailleurs et la suppression de presque 4 000 postes au total. L’assemblée générale des travailleurs d’ERT a décidé l’occupation du siège et des studios de l’organisme, ainsi que la poursuite du programme afin d’en informer la population. Ils appellent au soutien et à la solidarité. Voici leur appel.

Pour que l’ERT reste grande ouverte !

L’ERT doit rester ouverte à la société ; aux contradictions, aux problèmes, aux angoisses, aux idées et aux actions de la société.

L’ERT doit rester ouverte à la culture ; aux gens, aux différentes tendances, aux aspirations et à la dynamique de la culture.

L’ERT doit rester ouverte à tous les citoyens du monde, en Europe, en Amérique, en Asie, en Afrique, en Australie.

Les employés de la Radio et la Télévision publique ont le pouvoir et la volonté de préserver le bien commun de l’information, de la culture, du sport. Ils ont l’audace et la volonté de se battre pour que l’ERT cesse d’être manipulée par le ou les partis politiques au pouvoir.

Nous, les travailleurs, nous sommes encore debout et nous serons à la hauteur des circonstances. Nous allons nous battre pour un cadre institutionnel de fonctionnement de l’ERT qui établira et garantira l’indépendance de l’audiovisuel public et qui coupera, enfin, le cordon ombilical avec tout gouvernement et tout centre de décisions et d’interventions politiques ou clientélistes. Lire la suite

« Le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde », par CADTM International

http://cadtm.org/Le-ventre-est-encore-fecond-d-ou-a

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Face aux menaces racistes directes du parti nazi Aube Dorée envers un des membres fondateur du CADTM Grèce, Moisis Litsis*, le réseau international du CADTM tient à rappeler la gravité de la montée du fascisme, conséquence directe des dégradations sociales imposées par les créanciers au nom de la priorité affirmée au remboursement de la dette sur les droits humains fondamentaux.

Le magazine néo-fasciste « Stohos » a édité « une note biographique » de Moisis mentionnant toutes ses activités politiques et syndicales pendant les deux dernières décennies. Sous le titre« L’ESIEA (l’union des journalistes) a un juif comme trésorier », on poursuit la diffamation clairement raciste avec la déclaration suivante : « Il parle parfaitement hébreu, il adore l’Israël bien qu’il se déclare (mais qui peut le croire ?) antisioniste ! … Aux assemblées générales de l’ESIEA, au lieu de parler des problèmes des journalistes grecs, Moisis Litsis aime parler de l’holocauste juif et de la nécessité de condamner l’aube dorée »Lire la suite

Voyous, cafards, journaleux… nous le sommes, par Aris Chatzistefanou

source : http://info-war.gr/2013/02/%CE%B1%CE%BB%CE%AE%CF%84%CE%B5%CF%82-%CF%81%CE%BF%CF%85%CF%86%CE%B9%CE%AC%CE%BD%CE%BF%CE%B9-%CE%B4%CE%B7%CE%BC%CE%BF%CF%83%CE%B9%CE%BF%CE%B3%CF%81%CE%AC%CF%86%CE%BF%CE%B9-%CE%B5%CE%AF%CE%BC%CE%B1/

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Voici l’histoire : Une revue, Unfollow, présente un sujet sur la contrebande de pétrole où apparaissent comme impliqués le fournisseur de la flotte américaine, D. Melissanidis, et le bien-connu et non moins fameux oligarque Sp. Latsis.

Peu de 24 heures après, le rédacteur de l’article, L. Charalampopoulos, reçoit un appel menaçant depuis les bureaux de la société de D. Melissanidis. A l’autre bout du fil, quelqu’un qui prétend être Melissanidis lui-même menace de tuer le rédacteur et sa famille et de «déchirer» le procureur qui osera s’occuper de l’affaire.

L’ESIEA (Union des journalistes de la presse quotidienne d’Athènes) et son président, D.Trimis, interviennent aussitôt et condamnent le fait.

Le lendemain, un conseiller du premier ministre, membre de l’extrême droite (qui demande régulièrement le déploiement des forces armées à l’intérieur du pays), sous son chapeau d’avocat de Melissanidis, demande entre autres la radiation des commentaires à la page électronique de la revue. Lire la suite