Campagne pour les Droits a la Santé des Femmes, pour les Droits Sexuels et Reproductifs

par Sonia Mitralia, Sofia Tzitzikou, Katy Stypsanelli, pour le groupe des « Femmes pour les droits sexuels et reproductifs » en collaboration avec le collectif « Femmes contre la dette et les mesures d’austérité ».

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Des initiatives citoyennes développées un peu partout en Grèce ont mis en place des structures autogérées animées par des militants/es bénévoles pour promouvoir des soins gratuits aux quelques 3.000.000 d’habitants  privés de couverture maladie. En effet, 40% de la population de ce pays n’a plus d’accès aux soins. Ces structures autogérées font donc face à une énorme crise sanitaire et à un manque cruel de moyens puisqu’elles sont confrontées aux besoins d’une population exclue du système public de santé.

Les femmes pauvres, dans une large mesure ont perdu leurs droits à la santé et à leurs droits reproductifs et sexuels.

En effet, nous assistons a l’exclusion d’une très grande partie pauvre de la population féminine à la protection de la maternité et de l’enfance, due à la destruction de l’état social et à la privatisation du système d’accès universel à la santé. Nous assistons à une véritable catastrophe humanitaire (depuis la deuxième guerre mondiale, augmentation de la mortalité infantile, de l’abandon des enfants dans des hospices a cause de la pauvreté et de l’impossibilité de les nourrir, des explosions d’infections, de la détresse sexuelle, du stress dans les rapports humains, des violences sexuelles et autres… Lire la suite

Grèce Le seul espoir : la solidarité active et résister toutes ensemble !, par Sonia Mitralias

http://cadtm.org/Le-seul-espoir-la-solidarite

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La tournée féministe qui a eu lieu récemment dans une dizaine de villes en France a permis aux femmes du Portugal, d’Espagne, de Grèce, d’Angleterre, de Hongrie et de France de dessiner une première fresque du gâchis humain, causé par les politiques des créanciers qui empêchent l’application des droits humains, sèment des crises humanitaires et le chaos en Europe. Le témoignage de ces femmes sonne l’alarme et nous prévient de ce que pourrait être bientôt le sort de nous toutes. Voici le texte de la participation de Sonia Mitralia.

En Grèce, nous femmes sommes en train de subir une régression historique sans précédent de nos droits et de notre vie quotidienne.
Et voila tout de suite en quoi se résume cette vie quotidienne dans la Grèce au temps de la Troïka : extrême insécurité et misère, répression et dépendances, violences, exclusion de l’accès aux soins et… désespoir !

Désespoir parce que la Troïka et ces serviteurs locaux persistent, sadiquement, encore et encore avec cette politique catastrophique et improductive qui a déjà démoli l’État Providence en moins de trois ans, a fait exploser l’économie, a provoqué la récession, le chômage de masse… Lire la suite

Maternités publiques : prélude d’un « apartheid » à venir, par Maria Louka et Sissie Vovou

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Le gouvernement du Mémorandum intensifie les politiques racistes en matière de santé publique en faisant passer en silence et en catimini ses nouvelles mesures d’exclusion. Récemment, on nous a communiqué une plainte selon laquelle un grand hôpital public demande de la part des femmes migrantes le triple des frais exigés auprès les femmes grecques sans sécurité sociale. Après examen, nous avons constaté que selon le décret publié au Journal Officiel (JO) de la République grecque (FEK B 3096 23/11/2012), les conditions régissant les frais hospitaliers du Système National de Santé (SNS) ont été modifiées : le coût des services médicaux et pharmaceutiques à l’égard des migrant-e-s sans-papiers ou sans sécurité sociale a été doublé.

Selon les nouvelles tarifications, le coût d’accouchement dans une Maternité du SNS pour une femme migrante sans-papiers s’élève à 1 264 euros pour un accouchement par voie basse et 3 jours d’hospitalisation, à 2 090 euros pour une césarienne et à 165 euros pour chaque jour d’hospitalisation supplémentaire. Dès la publication du décret, les Administrations des Maternités du NSN ont été appelées à la discipline. Lire la suite

L’austérité détruit la société : la montée de la stigmatisation du SIDA en Grèce, par Zoé Mavroudi

Une femme séropositive vilipendée à la télévision grecque (Photo censurée par USI pour protéger son identité)

Par Zoé Mavroudi (article d’origine ici) – traduction OkeaNews

Au début du mois de mai 2012, quelques jours avant le premier tour des élections en Grèce, la police grecque a publié sur son site officiel les photos d’identité judiciaire de 26 personnes arrêtées en vertu des chefs d’inculpation de menace de lésions corporelles graves. Plusieurs d’entre elles ont montré des signes d’abus de drogues. Certaines étaient des immigrants, la plupart étaient des citoyennes grecques.

Mais toutes les personnes arrêtées et accusées avaient deux choses en commun: elles étaient des femmes et elles étaient toutes séropositives.

Ces femmes séropositives ont été arrêtées dans le cadre d’une vaste opération policière qui a vu près de 100  travailleuses présumées du sexe  raflées dans les rues du centre d’Athènes et obligées de subir un test spécifique pour le VIH. Lire la suite

Stop à la mise au pilori de femmes séropositives en Grèce

NOUS DEMANDONS LEUR LIBÉRATION IMMEDIATE
 ET LEUR ACCÈS AU TRAITEMENT MEDICAL

Le gouvernement grec procède en ce moment à une action barbare qui n’a pas de précédent.

Le gouvernement grec, en invoquant le danger pour les clients de la prostitution d’être contaminés par le HIV par des femmes séropositives parce que toxicomanes (dont certaines sont prostituées de façon occasionnelle ou régulière), a officiellement permis au procureur de la république d’autoriser la publication de leurs photos, de leurs noms, et de l’adresse de leur domicile. Le gouvernement a ainsi violé tous les droits de protection des informations privées, le secret médical n’a pas été respecté. Les traités  internationaux et européens que l’Etat grec a signé concernant la protection des personnes séropositives ont été bafoués.
Plus concrètement, le 29 Avril, la police a publié sur ordre du procureur de la République, la photographie et le nom d’une jeune russe de 22 ans. Tout ceci a été retransmis sur toutes les chaines de télévision. Dans les jours qui ont suivi d’autres noms et d’autres photos ont été publiés. Ceci continue encore aujourd’hui et elles sont au nombre de 29. Lire la suite

Pétition dénonçant la violation des droits humains des travailleuses du sexe

http://www.change.org/petitions/to-mr-lucas-papademos-prime-minister-of-greece-stop-the-forced-testing-and-outing-of-sex-workers

A l’attention de Monsieur Lucas Papademos, Premier Ministre de Grèce,

Monsieur,

Depuis fin avril 2012, les travailleurs du sexe en Grèce sont obligés d’être testés par le Centre pour le Contrôle et la Prévention des Maladies (KEEL)

Selon le journal Kathimerini, la police a mis en ligne les photos de 12 travailleuses du sexe sur leur site web www.hellenicpolice.gr. Celles qui ont été testées positives sont confrontées aux accusations d’un procureur pour « causer intentionnellement des dommages corporels graves », un crime.

Ces pratiques sont une violation des droits humains des travailleurs du sexe, leur droit à la liberté, à la vie privée et à la confidentialité de leur état de santé. Elles sont discriminatoires et en contradiction totale avec tous les traités internationaux et de l’UE que la Grèce a ratifié. Elles sont archaïques, car elles ne sont qu’une nouvelle version des Contagious Diseases Acts mises en œuvre pendant l’Angleterre victorienne.

Elles sont aussi totalement contre-productives en termes de prévention du VIH et à l’opposé de toutes les recommandations formulées dans la lutte contre le VIH.

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