Grèce-Allemagne : qui doit à qui ? (2) Créanciers protégés, peuple grec sacrifié, le 8 octobre, par Eric Toussaint

http://cadtm.org/Grece-Allemagne-qui-doit-a-qui-2

Voir le premier article de la série : « Grèce-Allemagne : qui doit à qui ? (1) L’annulation de la dette allemande à Londres en 1953 », publié le 29 septembre 2012. C’est une obligation morale que de s’élever contre les discours mensongers à propos de la prétendue solidarité dont feraient preuve les gouvernants des pays les plus forts de la zone euro à l’égard du peuple grec et d’autres pays fragilisés (Irlande, Portugal, Espagne…). Les faits contredisent leurs propos relayés de manière permanente par les médias dominants. Lire la suite

Grèce : une victoire à la Pyrrhus, entretien avec Hilaris Dimitris par Gilardi Paolo

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article25610

Interview à  paraître en Suisse dans l’Anticapitaliste n° 72 du jeudi 21 juin 2012.

« Ce n’est pas sur la peur, mais sur l’espoir que nous fondons notre futur ». C’est par ces mots que Alexis Tsipras a commenté la défaite électorale de Syriza, la coalition de la gauche radicale qu’il dirige. Car, au-delà de la victoire de la droite, rien n’est résolu pour le peuple grec, mais rien ne sera non plus facile pour les partis appelés à gouverner dans le cadre d’un cabinet d’union nationale. De plus, paradoxalement, l’échec de Syriza semble être un facteur non pas de démoralisation, mais, justement, d’espoir.

Paolo Gilardi : Pas trop déçu, Dimitris, de cette victoire de la droite lors des élections du 17 juin ?

Dimitris Hilaris : C’est une victoire à la Pyrrhus. Durant la campagne électorale les médias ont joué sur la peur, de la sortie de l’euro, des effets du non respect des mémorandums signés avec l’UE, de l’instabilité gouvernementale. La droite a ainsi réussi à capter les voix des couches sociales terrorisées par cette instabilité. Alors que Syriza a fait le plein des voix chez les travailleurs et les jeunes, la droite a engrangé les voix des classes moyennes et d’une partie plus âgée de la population. Mais, ni le parti de la nouvelle démocratie, vainqueur avec 29,66%, ni Syriza avec ses 26,89% n’ont réussi à mobiliser les 35% d’abstentionnistes. Syriza a pris ses dix points supplémentaires par rapport au 6 mai aux autres forces de gauche. La ND en a fait de même à droite. Lire la suite

« La rigueur n’est pas la condition sine qua non de l’appartenance à l’euro », entretien avec Rena Dourou par Claire Gatinois

http://www.lemonde.fr/international/article/2012/05/26/la-rigueur-n-est-pas-la-condition-sine-qua-non-de-l-appartenance-a-l-euro_1707866_3210.html

Rena Dourou est députée au Parlement grec, responsable des questions européennes, au sein de Synaspismos, la composante principale de Syriza, la coalition de gauche radicale. Son parti, qui a effectué une percée spectaculaire lors des élections législatives du 6 mai en arrivant deuxième (16,75 % des voix), jouera un rôle déterminant lors du scrutin du 17 juin. Opposé aux mesures d’austérité incluses dans l’accord du deuxième prêt international en mars, Syriza dispute la première place à Nouvelle Démocratie (ND, droite).

En cas de victoire, Mme Dourou entend que son parti fasse sortir la Grèce de son rôle de « cobaye de la rigueur en Europe », transformant le peuple grec en modèle de la résistance au capitalisme financier.

Grèce : Vers un gouvernement de rupture ?, entretien avec Hilaris Dimitris, par Gilardi Paolo

paru en Suisse dans l’Anticapitaliste n°70

 

A la veille des élections du six mai, le ministre des finances d’Allemagne, Wolfgang Schäuble enjoignait les Grecs d’élire une majorité « qui respecte les engagements pris envers les créanciers internationaux par la coalition gouvernementale actuelle » [1].

 

 

Peine perdue, puisque plus de 65% des Grecs ont voté contre les diktats de l’Union Européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international.

Une période nouvelle s’est ouverte en ce six mai à Athènes.

Pour en parler, Dimitris Hilaris, de l’organisation OKDE-Spartakos.


L’anticapitaliste : Dimitris, un premier bilan du vote du six mai ?

Dimitris Hilaris : Il faut relever trois faits marquants. D’abord, le résultat du 6 mai est un désaveu cinglant de la troïka. C’est un vote contre l’austérité qui nous est imposée, c’est l’aboutissement des mobilisations de ces mois. Ensuite, il faut souligner le fait que, pour la première fois depuis la chute de la dictature, ce n’est pas le PASOK qui fait le plein des voix des classes populaires, mais les forces à gauche de la social-démocratie. Syriza, la coalition de la gauche radicale, le parti communiste et la coalition de la gauche anticapitaliste, Antarsya, récoltent ensemble presque 30% des voix. Si on leur ajoute les Verts, on frôle les 35%. Décidément, on assiste à un changement du comportement électoral des salariés.

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Lettre de Vicky Skoumbi dénonçant la censure sur ARTE

Chères amies, chers amis,

Le jeudi 16 mai, j’ai participé à l’émission d’Arte 28 minutes sur le thème : La Grèce, talon d’Achille de l’Europe?

http://videos.arte.tv/fr/videos/28_minutes-6654932.html

Je viens de visionner l’émission telle qu’elle a été diffusée et j’en crois pas à mes yeux: le passage où je disais que l’aide accordée à la Grèce a été en réalité une aide aux créanciers du pays, et que les plans de sauvetage successives ont été conçus pour protéger les créanciers d’un défaut éventuel de la Grèce, tout en plongeant le pays à une récession de l’ordre de 20% et en le menant tout droit à la faillite, a tout simplement disparu! Si vous regardez attentivement vous constaterez les traces de coupure par des enchaînements assez abrupts et la non fluidité de la parole après la première intervention de Benjamin Coriat.

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« Le laboratoire grec sert à radicaliser des politiques d’austérité », entretien avec Stathis Kouvélakis, par Sara Millot

http://www.regards.fr/resistances/stathis-kouvelakis-le-laboratoire

Regards.fr : Les initiatives menées aujourd’hui au sein de la société grecque peuvent-elles dessiner les contours d’une alternative ou restent-elles éparses, fragiles et isolées ?

Stathis Kouvélakis : Depuis le début de la crise, on observe une tendance remarquable à l’auto-organisation de certains secteurs sociaux, et ce mouvement s’est renforcé au cours des derniers mois. Il s’agit avant tout de faire face au désastre social qui frappe le pays et à l’effondrement de l’État. Lire la suite

Eric Toussaint : « l’Europe soumise à une thérapie de choc comme l’Amérique latine dans les années 1980 et 1990 »

Carlos Alonso Bedoya
Comment caractérisez vous le moment que traversent plusieurs pays de l’Union Européenne (UE) qui comme la Grèce ont des dettes publiques énormes ?

On peut comparer leur situation avec celle de l’Amérique latine au cours de la seconde moitié des années 1980.

Pour quelles raisons ?

L’explosion de la crise de la dette en Amérique latine a eu lieu en 1982. Lire la suite