Chantage et dilemmes peu avant la fin

de George Katrougalos

source http://www.epohi.gr/

« L’administration allemande n’est pas prête à accepter plus avant un mauvais usage de la liberté offerte au peuple, et l’invite donc à se ressaisir et à ne pas se laisser entraîner par quelques agitateurs. (…) Le peuple grec paisible et respectueux des lois est appelé à choisir entre la sécurité et la paix, que l’administration allemande lui assure, et les malheurs qui l’attendent, s’il continue à vouloir à se laisser entraîner par des éléments subversifs. » Lire la suite

Le calendrier politique grec à venir : La non élection du président , des élections parlementaires anticipées et l’arrivée de SYRIZA au pouvoir?

La vie politique ne manquera pas de piment en cette fin d’année. Le 29 décembre 2014 nous saurons si nous aurons ou pas l’annonce de la dissolution du parlement grec et l’annonce d’élections parlementaires anticipées.

Ce scénario est fort probable. Pourquoi ?

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Grèce : La démocratie « prise en otage » par les éditocrates, par Frédéric Lemaire

http://www.acrimed.org/article3853.html

Dimanche 17 juin 2012, le parti conservateur Nouvelle Démocratie emporte la victoire aux élections législatives grecques, devançant de peu le parti de gauche Syriza, opposé aux plans d’austérité imposés à la Grèce. Cette victoire est accueillie avec un grand soulagement par les dirigeants européens, dont un certain nombre avaient activement fait campagne en faveur de la droite grecque : les « Européens » – appellation d’usage dans la presse – avaient en effet menacé d’exclure la Grèce de la zone euro en cas de victoire de Syriza. Une campagne partiellement et partialement relayée par la presse…

Le peuple grec a décidément une fâcheuse inclination à « prendre en otage » le reste de l’Europe. Il y a quelques mois, l’annonce, par l’ancien Premier ministre grec, d’un référendum sur les plans d’austérité avait déjà suscité dans les médias des réactions indignées : il s’agissait pour certains d’un « dangereux coup de poker »« une histoire de fous » qui risquait de remettre en question les efforts des « Européens » pour « sauver l’euro » [1]…

Cette fois-ci, il s’agit d’élections démocratiques ; et pour la première fois, Syriza, un parti opposé à l’austérité et attaché au maintien de la Grèce dans la zone euro peut arriver en tête des suffrages. Face à lui, le parti conservateur Nouvelle Démocratie fait campagne, avec les dirigeants européens, « en agitant la peur d’une sortie de l’euro », comme l’indique la correspondante de Libération(18 juin 2012). Force est de constater que la droite grecque et les dirigeants européens ne sont pas les seuls à « agiter la peur d’une sortie de l’euro »Lire la suite

Grèce: Tyrans et démocrates, par Michel Koutouzis

http://blogs.mediapart.fr/blog/michel-koutouzis/240612/grece-tyrans-et-democrates

Pauvre parti de la «Nouvelle Démocratie» ! Eternel Poulidor de la scène politique grecque, elle n’arrive qu’exceptionnellement au pouvoir, toujours avec des alliances contre nature. Les communistes par exemple, qui aujourd’hui tatillons idéologues quand il s’agit de s’associer  avec des partis de gauche ne trouvaient rien à redire en 1998 pour appuyer un gouvernement de  droite, juste pour pouvoir juger le premier ministre socialiste. Vous savez, le père de Georges Papandréou, celui par qui le scandale est arrivé. En balançant au monde entier les fausses statistiques servies à Eurostat par le seul gouvernement ND ayant gagné les élections depuis 1981 de manière autonome. Il aurait du se méfier : Son adversaire, Karamanlis, neveu de l’autre, celui qui s’opposa pendant un demi siècle au grand-père de Georges Papandréou, avait tout fait pour perdre les élections.

Un transfuge centriste, qui fut aussi le responsable de la fronde parlementaire qui aboutit au coup d’Etat des colonels, Mitsotakis, avait aussi gagné les élections. Pour perdre aussitôt. D’ailleurs monsieur Samaras, grand nationaliste et un tantinet anti-européen est aussi un transfuge. Ayant quitté la ND, il était revenu pour faire barrage à la fille de Mitsotakis qui espérait gagner les élections internes. Et qui quitta le parti dès le lendemain de la victoire de Samaras, pour le rejoindre à la veille des élections qui assuraient enfin son élection au parlement. Elle au moins, elle est « européenne ». Ella a toujours affirmé sa prédilection pour l’économie du marché et sa dérégulation. Moderne, quoi. Les voilà ces deux lascars à la tête d’une coalition hétéroclite, avec leur ennemi de toujours, le PASOK et les « modernistes » de gauche, encore un groupuscule « conséquent » par ce que « plutôt » « européiste ».    Cette fois, se dit Merkel « le compte est bon ».  Les « forces pro euro » l’ont emporté. Vraiment ?  Regardons de plus près : ND et PASOK ont perdu, ensemble, 50% de leurs électeurs.  La ND a eu 29, 66% des voix  et le PASOK moins de 13 %. Allez, ajoutons les 6% du DIMAR (la fameuse gauche « pro euro »). Total ? Un peu plus de 48%. Le reste des voix étant allé à des partis lesquels, quel que soit leur positionnement idéologique refusent les plans d’austérité et les termes de l’accord avec la Troïka. Lire la suite

Hold-up électoral à Athènes, par Vicky Skoumbi et Dimitris Vergetis

http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/210612/hold-electoral-athenes

«Parler d’élections libres est une duperie. La liberté n’est pas seulement une question de respect  tatillon de procédures formelles, elle relève surtout du libre exercice du droit de vote. Or, le peuple grec avait subi avant les élections un matraquage médiatique impitoyable.»

Le 17 juin, le peuple grec s’est prononcé pour un gouvernement de coalition autour de la Nouvelle Démocratie, c’est du moins sous cet angle que l’énorme majorité des médias présentent les résultats électoraux en Grèce. Le verdict populaire aurait porté au pouvoir ce parti et son ex-adversaire, et actuel allié, le Pasok. « C’est la volonté exprimée du peuple grec que tout bon démocrate a le devoir de respecter », martèle-t-on de tous les côtés. S’agit-il pour autant d’une volonté librement exprimée ? Depuis plusieurs mois, et plus particulièrement depuis le 6 mai, les dirigeants européens s’acharnent à terroriser le peuple grec en brandissant la menace de l’exclusion de l’Eurozone et en lui promettant l’apocalypse, si jamais il osait confier l’avenir du pays à Syriza. Les Grecs ont été mis face à un choix forcé, à l’instar du dilemme biaisé « la bourse ou la vie ». Le couteau sous la gorge, ils se sont résignés à porter le parti de droite, la Nouvelle Démocratie, au pouvoir – avec moins de 30% de voix, une majorité toute relative. Mais, dans ces conditions, parler d’élections libres est une duperie. La liberté n’est pas seulement une question de respect  tatillon de procédures formelles, elle relève surtout du libre exercice du droit de vote. Or, le peuple grec avait subi avant les élections un matraquage médiatique impitoyable, fait de déclarations allant de la menace sournoise à la consigne de vote. Dans le deuxième cas, l’exemple le plus flagrant est l’éditorial du Financial Times Deutschland, écrit en grec, qui exhortait les électeurs à ne pas voter pour  « le démagogue » –Tsipras, pour ne pas le nommer– tout en les appelant explicitement à voter pour la Nouvelle Démocratie. Dans le premier cas, Hollande, dans le rôle du conseiller amical, prévenait les électeurs grecs que, pour leur propre bien, il ne fallait pas voter Syriza au risque de le payer très cher. De l’intimation à voter pour la droite ou à voter contre la gauche radicale, se répète, à quelques nuances près, le même motif : surtout ne pas voter Syriza ! Ainsi une opération internationale de dépossession du peuple grec de sa souveraineté se déployait à ciel ouvert, sans que la plupart de ceux qui jurent par la démocratie ne trouvent grand-chose à redire. Lire la suite

« Greece: the fight is far from over… » de Panagiotis Sotiris

En passant

Despite the signs of relief from the part of EU and IMF representatives, the results of the June 17 election reflect a society that is highly polarized along social and class lines, a society that is still facing an open social and political crisis, and that is still filled with anger. As a social and political landscape, it still resembles a battlefield, and the struggle is far from over. Whoever thinks of the future in Greece simply in terms of implementing successive waves of austerity packages, based on a simple projection of the possibility of a pro-austerity government, will soon realize that reality is always richer in possibilities.

If one looks at the electoral results, the signs of social polarization are more than obvious. The Left is the leading political force in the voters that belong to the productive ages (18-55), in wage earners, in people from working class and lower middle class strata, in people in urban areas. The Right is the leading force in the voters that belong to higher age groups (older than 55), to bourgeois and upper middle class strata and rural areas. It is obvious that people that are facing social disaster and insecurity and are reacting more in terms of anger and collective struggle tended to vote for the Left. On the other hand people who were reacting to the deterioration of living prospects in more phobic terms, or were in fear of losing whatever real or imaginary social gains they had, tended to vote more for the Right. The Right could also benefit from a deep-rooted conservatism especially in provincial Greece, where the consequences of the crisis have not been felt in the same way as in urban areas. Moreover, New Democracy could benefit from the fact that the total ‘right-wing’ electoral bloc (including both pro- and anti-Memoranda forces) was already big on May 6, thus giving it a broader initial electoral ‘reservoir’. Lire la suite

Le choix des Grecs sera d’une importance historique, par Noam Chomsky

http://blogs.mediapart.fr/blog/jpc13/130612/message-de-noam-chomsky-sur-la-grece-le-choix-des-grecs-sera-d-une-importance

Depuis le krach économique de 2008 jusqu’à aujourd’hui, les dirigeants européens persistent dans l’application de politiques de rigueur, anéantissant ainsi la perspective d’un redressement et punissant leurs peuples. Les politiques mises en œuvre minent le contrat social conquis au travers de longues luttes sociales.  Ce résultat, comme cela a été parfois avoué ouvertement, pourrait être le mobile principal de ce projet.

La Grèce a été la principale victime de ces programmes catastrophiques et, à bien des égards, barbares. Dans le même temps, elle se trouve en première ligne des mouvements européens qui contestent ces programmes et se battent pour leur abolition. Les choix auxquels les Grecs sont confrontés sont difficiles et douloureux. Néanmoins, ils sont d’une importance historique, non seulement pour l’avenir de la Grèce mais aussi pour l’ensemble de l’Europe et du monde.