Chantage et dilemmes peu avant la fin

de George Katrougalos

source http://www.epohi.gr/

« L’administration allemande n’est pas prête à accepter plus avant un mauvais usage de la liberté offerte au peuple, et l’invite donc à se ressaisir et à ne pas se laisser entraîner par quelques agitateurs. (…) Le peuple grec paisible et respectueux des lois est appelé à choisir entre la sécurité et la paix, que l’administration allemande lui assure, et les malheurs qui l’attendent, s’il continue à vouloir à se laisser entraîner par des éléments subversifs. » Lire la suite

Sur le front grec, une couronne d’épines, par Makis Malafekas

Image

source: http://www.liberation.fr/

Cette année, les rois mages apportèrent aux Grecs la présidence du Conseil de l’Union européenne. Or, le corps de la société grecque était déjà crucifié. Il faisait bien Vendredi saint cette nuit de la Saint-Sylvestre.

Au seuil de sa 33e année européenne, la Grèce se trouve trop près du «tout est accompli» christique pour être en mesure de ressentir, ne serait-ce que furtivement, ce package – en toutes circonstances aberrant – de fierté et de responsabilité dont les citoyens européens sont censés se doter subitement pour ces grandes occasions. On nous avait déjà fait le coup de ce genre de fantasmagories avec les «JO» (tout sauf une Olympiade…) de 2004.

Mais ce n’est pas tout. Le sentiment général qui prévaut à Athènes, ces jours saints de l’europrésidence, va bien au-delà de l’indifférence. La couronne d’épines, que les consuls de Bruxelles ont posée sur le front grec en guise de brimade, est bien perçue comme ce qu’elle est vraiment : un titre purement symbolique, que les détenteurs du vrai pouvoir s’amusent à «céder» volontiers au nom de quelque équité coutumière, afin justement de souligner son caractère exclusivement symbolique. Le vrai pouvoir est comme la liberté : il ne se cède pas. Il faut aller le chercher avec les dents. Lire la suite

La Grèce n’est pas un pays «normal», par Stathis Kouvelakis

Le texte de l’intervention de Stathis Kouvelakis à la soirée de soutien aux citoyens grecs organisée par Mediapart et Reporteurs Sans Frontières le mardi 18 juin au Théâtre de Châtelet (voir la vidéo ci-dessous).

no-signal-210x145

Si un doute subsistait encore à ce sujet, il est désormais levé : la Grèce n’est pas un pays « normal ». Dans un pays « normal », de nos jours, en Europe, ce genre de choses n’arrive pas, seulement dans des dictatures ou dans des pays sous occupation. Seulement voilà, sans être sous le joug des militaires, ou d’une armée étrangère, la Grèce a cessé d’être un pays « normal ». Depuis maintenant trois ans, elle a, en effet, pris congé de ce qui, ici ou ailleurs dans notre continent, est considéré comme relevant de la « normalité ».

Car il ne saurait bien entendu y avoir de « normalité », de vie en commun tolérable, dans un pays dévasté, où la récession et le chômage atteignent des niveaux inconnus depuis les années 1930. Dans un pays où la discussion ordinaire des lycéens est la destination vers laquelle elles ou ils comptent émigrer.

Il ne saurait y avoir de « normalité » avec des écoles, des universités, des hôpitaux qui partent à la dérive, quand la population est confrontée à ce qu’on peut qualifier de désastre humanitaire.

Il ne saurait y avoir de « normalité » quand, comme nous l’enseigne l’expérience historique, le désespoir et la colère impuissante d’une société paupérisée et humiliée se tournent contre les groupes les plus fragiles, dont la vie devient un enfer et qui replongent dans une horreur que, là aussi, on croyait oubliée dans nos pays depuis les années 1930. Lire la suite

«Grèce-France-Alliance» ! Aux privatisations…, par Foivos Marias

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article28217

kmybuton

Cet article s’inscrit dans la continuité d’un travail que nous avons effectué sur la question des privatisations en Grèce intitulé « L’épée de Damoclès des privatisations en Grèce » (ESSF, article 28216). Nous avons démontré lors de cet article que le programme de privatisations en Grèce est en réalité une véritable opération de liquidation de la richesse publique grecque. Pour cela nous parlons de « grand braderie ». Dans le présent article nous allons se concentrer spécifiquement sur le rôle de la France au programme des privatisations en Grèce.

« Grèce-France-Alliance » (« Ελλάς-Γαλλία-συμμαχία »), il s’agit d’un slogan bien connu en Grèce « inventé » en 1974 quand Konstantinos Karamanlis est revenu de Paris pour prendre les rênes du pays après la chute de la dictature des colonels à bord de l’avion présidentiel français prêté par son ami Valéry Giscard d’Estaing. Quelques mois plus tard le voyage du président Giscard d’Estaing en Grèce en Septembre 1975 fut un triomphe. Comme il a confié : « De l’aéroport jusqu’au palais du premier ministre, il y avait une foule de quatre rangs pour m’applaudir » [1]. Comme le montrent les images de l’INA [2] le président Giscard d’Estaing était applaudi par les grecs assistant à la cérémonie d’accueil et les personnes présentes criaient mélodiquement le fameux slogan : « Grèce-France-Alliance ». Lire la suite