La Grèce : un équilibre précaire et gros de dangers, par Udry Charles-André

http://alencontre.org/europe/grece/la-grece-un-equilibre-precaire-et-gros-de-dangers.html

chomage

le 15 janvier 2013

Une prévision « économique » ne risque pas d’être démentie pour ce qui a trait à la Grèce : celle du chômage. L’ELSTAT (Institut de statistiques) vient de publier les « résultats » pour octobre 2012 : le nombre officiel de chômeurs et chômeuses s’élevait à 1’345’715 ; une hausse de 36’000 en un mois. Rappel, le nombre de chômeurs se situait, lors du même mois d’octobre, en 2007, à hauteur de 398’085 ; en 2008 : à 375’528 ; à 498’211 en 2009 ; à 694’508 en 2010 ; à 977’614 en 2011. Une augmentation, en un an, de 368’701.

Ernest & Young « prédit » 28% pour fin 2013 et le centre d’étude du syndicat du secteur privé, le GSEE, place la barre à au moins 30%. Le taux de chômage, en octobre 2012, est de 56,6% pour la tranche d’âge de 15 à 24 ans. En 2010, il était de 34,7% et de 46,7% en 2011. Pour les 25-34 ans, l’évolution est la suivante : 34,1% en octobre 2012 ; 27% et 18,9% pour le mois correspondant des deux années précédentes. Lire la suite

300 écoles fermées par manque de fioul de chauffage

école fermée à cause du froid en Grèce du nord

Plus de 300 écoles au département de Macédoine occidentale (le département Grec), resteront fermées, puisque les fonds prévus pour le chauffage pendant cette année scolaire sont prématurément épuisés. Selon le reportage du journal « Ethnos », lors de la réunion des municipalités régionales, l’unanimité des maires a décidé de fermer les écoles en raison du manque de fioul de chauffage. «Dans le cas contraire, les salles se transformerons en véritables réfrigérateurs». Il faut souligner que le coût du fioul de chauffage nécessaire à un seul département comme par exemple à celui de Kastoria, atteint les 20 millions d’euros.[…] Lire la suite

Grèce : Une société traumatisée, par Melanie Mühl

http://www.presseurop.eu/fr/content/article/3182321-une-societe-traumatisee

sisitia

Un traumatologue allemand habitué aux scènes de drame s’est rendu en Grèce. Ce qu’il a vu dans cette société au bord de l’explosion a dépassé ses pires craintes. Extraits.

 

La spécialité de Georg Pieper, c’est le traumatisme. Chaque fois qu’une catastrophe s’est abattue sur l’Allemagne, le traumatologue s’est rendu sur place. Après les attentats d’Oslo et d’Utøya, Georg Pieper est allé en Norvège où il a encadré ses confrères. Il s’y connaît pour observer une situation à la loupe et juger de l’ampleur d’une catastrophe.

En octobre, Georg Pieper a passé quelques jours à Athènes, où il a donné des cours de traumatologie à des psychologues, des psychiatres et des médecins. Il s’attendait à trouver une situation difficile, mais la réalité était au-delà de ses pires appréhensions. Lire la suite

L’inexorable descente aux enfers du système de santé de la Grèce, par Benoît Vitkine

http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/11/26/grece-l-inexorable-descente-aux-enfers-du-systeme-de-sante_1795828_3214.html

C’était en 2009, il y a une éternité. L’époque où l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) jugeait le système de santé grec « relativement efficace », l’époque où les médecins de Thessalonique avaient réussi à soigner le mélanome dont souffrait Mme I. Trois ans plus tard, quand le cancer est revenu, ils n’ont pas même essayé.

C’est M. I. qui raconte. Anonymement, par peur de « représailles » : « Les médecins ont prescrit un traitement à ma femme, mais comme les dépenses engagées étaient potentiellement lourdes, celui-ci devait désormais être validé par une commission de médecins et de responsables de l’administration. Cette commission a refusé le traitement, et quand je suis allé chercher les résultats, l’un de ses membres m’a pris à part : « Nous avons dû faire un choix, et nous allons garder l’argent pour soigner des enfants. Votre femme a 62 ans, laissez-la donc mourir à la maison ». » Lire la suite

Grèce: chambardement socio-politique (II), par Charles-André Udry

http://alencontre.org/europe/grece-chambardement-socio-politique-ii.html

Chaque jour, les données ayant trait à la situation socio-économique grecque confirment, de manière déchirante, ce que nous avons qualifié de destruction de la fabrique sociale [voir sur ce site l’article en date du 18 novembre 2012: «Grèce: miner la “fabrique sociale”» (I)]. Ainsi, le 22 novembre 2012, le Ministère «de l’ordre public et de la protection des citoyens»publiait les chiffres officiels des suicides et tentatives graves enregistrées de suicide entre le 1er janvier 2009 et le 28 août 2012.Le ministre Nikos Dendias répondait à une question posée par un député de SYRIZA. Celui-ci exigeait des données certifiées concernant les suicides ainsi qu’une confirmation du rapport de l’Unicef indiquant que 439’000 enfants souffraient de malnutrition. Sur ce dernier point, Dendias a, pour l’instant, fait l’impasse. Les chiffres ayant trait aux suicides s’égrènent de manière lugubre ainsi: 2009: 677; 2010: 830; 2011: 927; 2012: 690 jusqu’au 23 août. C’est à Athènes (355) et à Thessalonique (319) que ces actes de désespoir sont les plus nombreux. Le ministre, qui est aussi connu pour ses campagnes vigoureuses contre les migrant·e·s, dans sa déclaration, a séparé la croissance si explicite des actes de désespoir du contexte social, en mettant l’accent sur des causes «singulières». Or, ce que l’on pourrait qualifier de «causes singulières» s’amalgame spécifiquement dans un contexte qui les transforme ainsi en passages à l’acte.

Euthanasier, de fait, les malades chroniques?

Nous avions aussi mis en relief le seuil misérable du salaire minimum pour les moins de 25 ans (comme d’ailleurs celui pour les plus de 25 ans). Le 18 novembre, dans un débat sur la web TV E-Nikos.gr, un étudiant en comptabilité, Vasilis Themistoklis, mit en déroute les représentants politiques de la coalition gouvernementale. Il additionna simplement les dépenses contraintes, puis a soustrait ce montant du salaire minimum net de 450 euros, tel que décidé par le gouvernement et la Troïka au nom de la «restauration de la compétitivité» et du paiement de la dette. Lire la suite

Grèce: miner la «fabrique sociale» (I), par Charles-André Udry

http://alencontre.org/laune/grece-miner-la-fabrique-sociale-i.html

La phase qui s’étend du 20 octobre au 17 novembre 2012 [1] est d’une particulière importance dans la situation socio-politique de la Grèce. Ses conséquences sont encore difficilement prévisibles. Dans un premier temps, saisir de manière quelque peu précise les traits de la sombre et dangereuse situation socio-économique nous apparaît comme un préalable avant des considérations sur le «modèle Syriza».

Une récente étude rendue publique par le professeur Haralambos Papa Georgiou, à l’occasion de la conférence nationale de pathologie interne qui s’est tenue à Athènes du 18 au 20 octobre 2012, indiquait que 33% des femmes et 25% des hommes vivant en Grèce souffraient de dépression moyenne à sérieuse. La cause principale en était les répercussions de la dépression économique, avec toutes leurs manifestations sur la vie quotidienne d’une très large majorité de Grecs et sur les possibilités d’une projection dans l’avenir. Lire la suite

Grèce: comment combattre «un état d’exception permanent» ?, par Vicky Skoumbi

http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-pierre-anselme/251012/grece-comment-combattre-un-etat-dexception-permanent

Vicky Skoumbi, rédactrice en chef de la revue grecque de philosophie, psychanalyse et arts, Alètheia (http://aletheiareview.wordpress.com/), et co-auteur de l’appel « Sauvons le peuple grec de ses sauveurs ! » s’interroge sur les moyens à mettre en œuvre pour contrer l’austérité néolibérale –avec son corollaire : la montée des droites extrêmes – en Grèce et en Europe.

Les élections du 17 juin en Grèce ont été suivies par une phase d’attente, un temps d’arrêt pendant lequel les divers acteurs des mouvements ont en quelque sorte suspendu leur mobilisation, le temps d’intégrer les nouveaux donnés.

Cette période qui vient de finir a été marquée par une relative déception à la hauteur de l’espoir qu’a représenté la montée de Syriza, une déception qui relèverait plutôt du sentiment d’une occasion manquée.

Les grandes mobilisations de deux années précédentes avec 17 jours de grève générale et plusieurs grandes manifestations, malgré une répression de plus en plus féroce, se sont mis en sourdine depuis le 12 février, ce qui pourrait en partie s’expliquer par une longue période électorale, les élections anticipées ayant été arrachées de haute lutte à un pouvoir complètement délégitimé.

Le 18 octobre dernier, des dizaines de milliers de Grecs ont manifesté à Athènes et Salonique.
Le 18 octobre dernier, des dizaines de milliers de Grecs ont manifesté à Athènes et Salonique.  Lire la suite