En Grèce, la solidarité en alternative à la misère, par Amélie Poinssot

http://www.mediapart.fr/journal/international/270313/en-grece-la-solidarite-en-alternative-la-misere

Clinique sociale de Korydallos : consultation d'un cardiologue© Amélie Poinssot

Clinique sociale de
Korydallos : consultation d’un cardiologue© Amélie Poinssot

Ce jour-là, Vicky se rend pour la première fois dans la toute nouvelle clinique de médecins bénévoles de Korydallos, une commune des quartiers sud-ouest de la métropole athénienne. Cette dame de 49 ans vient consulter, gratuitement, le cardiologue, mais surtout, faire ses premiers pas auprès des bénévoles du secrétariat. « Il vaut mieux ça que rester enfermé tout seul chez soi… ».

 

La clinique a ouvert ses portes il y a un mois, à l’initiative de citoyens de Korydallos et des communes voisines. Elle accueille tous les patients qui ont perdu leurs droits à la Sécurité sociale. Et ils sont nombreux, dans cette commune où le taux de chômage est bien au-dessus des moyennes nationales. En Grèce, au bout d’un an sans emploi, on perd non seulement ses droits aux allocations chômage, mais aussi sa couverture sociale. De plus, de très nombreux commerçants ou auto-entrepreneurs ne parviennent plus à payer leurs cotisations à la caisse d’assurance sociale des travailleurs indépendants – cotisations qui s’élèvent à environ 400 euros mensuels pour une personne. Lire la suite

Les nouveaux noms séparateurs et les populations superflues, par Dimitri Vergetis

L’article est extrait du numéro 39 de la revue Lignes, intitulé Le devenir grec de l’Europe néolibérale. Il a été publié aussi :  http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/210213/les-populations-superflues. Ici on reprend son titre initial.

l'opération a réussie, le patient est mort

l’opération a réussie, le patient est mort

En Grèce, « forcée de fournir le portrait anticipé de ce à quoi vont devoir ressembler les sociétés occidentales, remaniées sous la férule du néolibéralisme déchaîné » se dessine « une nouvelle biopolitique de l’espèce », « chargée d’assainir le corps social de toutes les existences parasitaires ». 

Depuis 2007 la crise sévit. Voici, d’emblée précisé, le noyau de notre thèse : ce qu’on peut lire en filigrane dans les descriptions et analyses savantes de la crise économique, c’est la mise en place, discrète mais décisive, par le néolibéralisme déchaîné, des prémisses d’une nouvelle biopolitique de l’espèce humaine.

La Grèce : un cas ou un paradigme ?

Commençons par la Grèce. Depuis près de trois ans la société grecque, lentement mais inéluctablement, se délite. Elle se délite sous l’onde de choc de politiques d’austérité d’une brutalité inédite dans l’histoire économique de l’Occident en période de paix. La grande crise de 1929 fait d’ores et déjà pâle figure devant les effets cumulés de la récession qui frappe la Grèce. La causalité sous-jacente à ce désastre, telle qu’elle est mise en récit par les experts et la presse internationale, est régulièrement identifiée à l’explosion de la dette souveraine et au tarissement des ressources budgétaires, suite à une gestion calamiteuse, irresponsablement menée par une classe dirigeante incompétente et compulsivement illustrée par de hauts faits de corruption. Lire la suite

Grèce : chronique d’un système de santé en chute libre, par Capitaine Martin

carte-monde-stetho-g

Helena Dimitriadis est dans une position intéressante. Sept mois. Des jumeaux. Elle avoue, tristement : «les neuf cents euros à payer pour les examens et l’accouchement, je ne les ai pas». Elle s’est levée ce matin à six heures et demie, a pris le tramway et est désormais en pole-position dans la queue qui s’étale devant la porte de l’hôpital tenu par Médecins du monde. Le serpent humain, derrière elle, est long et coloré. Deux cents personnes sont en attente d’une visite ou d’une vaccination… gratuite. C’est l’avant-garde de ce million et deux cent mille damnés qui, fautifs d’avant été privés d’emploi depuis plus d’un an en Grèce (et en Europe) ont perdu le plus élémentaire des droits : celui de se soigner.

« Vous voyez tous ces gens ? », demande, amère, Nikita Kasaris, investie bénévolement à Médecins du monde. « C’est une catastrophe humanitaire. Chaque jour qui passe, la queue est plus longue ». La troïka a allumé le feu du dramatique déficit grec. Mais à l’écart de la lumière faite sur la crise financière se consume une tragédie silencieuse où les dommages ne se comptent pas en euros mais en vies humaines. De l’argent, en Grèce, il n’y en a plus. « Et être pauvre et malade est aujourd’hui en Grèce une Odyssée », assène Benédiktos.  Lire la suite

La crise humanitaire en Grèce par Athanasia Bara

Les dimensions économiques et sociales de la pauvreté en Grèce sont dramatiques, avec environ 1/3 des Grecs vivant dans la pauvreté selon une enquête réalisée par Eurostat.

Selon l’enquête de l’Eurostat, 27,7% de la population de la Grèce soit plus de 3.031 millions de personnes vivent dans pauvreté et l’exclusion sociale. C’est la plus haute pauvreté sociale enregistrée dans la zone euro, seule l’Europe de l’Est a des chiffres pire que ça. Lire la suite

Ce n’est rien : Le témoignage d’un vieil homme épileptique resté sans médicaments

La crise que traverse la Grèce actuelle prend de plus en plus des dimensions d’une crise humanitaire. L’argent manque d’un peu partout et cette cessation des paiements; un peu particulière, frappe directement le domaine le plus sensible d’une société. La santé. Toutes les institutions sanitaires, les hôpitaux et les pharmacies, se trouvent dans l’incapacité de répondre aux besoins des patients.  Notamment les pharmacies n’acceptent plus de procurer des médicaments aux patients que si ils sont payés en liquide. Ainsi de nombreux patients qui n’ont pas les moyens de payer cash leur traitement et souffrent des maladies graves risquent leur vie.  Christina Tsamoura a été ce matin témoin de ce type de situation. Voilà ce qu’elle nous raconte:  Lire la suite