Grèce-Allemagne : qui doit à qui ? (2) Créanciers protégés, peuple grec sacrifié, le 8 octobre, par Eric Toussaint

http://cadtm.org/Grece-Allemagne-qui-doit-a-qui-2

Voir le premier article de la série : « Grèce-Allemagne : qui doit à qui ? (1) L’annulation de la dette allemande à Londres en 1953 », publié le 29 septembre 2012. C’est une obligation morale que de s’élever contre les discours mensongers à propos de la prétendue solidarité dont feraient preuve les gouvernants des pays les plus forts de la zone euro à l’égard du peuple grec et d’autres pays fragilisés (Irlande, Portugal, Espagne…). Les faits contredisent leurs propos relayés de manière permanente par les médias dominants. Lire la suite

L’aide à la Grèce ne coûte rien à l’Allemagne, par Isabelle Couet

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0202129878038-l-aide-a-la-grece-ne-coute-rien-a-l-allemagne-336368.php

La baisse des coûts de financement de l’Allemagne depuis 2009 compense le coût des sauvetages grecs. La France a amorti son soutien à la Grèce à 80%.

 

 

L’attention se cristallise toujours sur la facture allemande. Celle que Berlin doit acquitter pour les deux plans de sauvetage de la Grèce depuis mai 2010. L’Allemagne est de fait le plus gros contributeur de la zone euro, avec une participation de 29% aux programmes d’aide à Athènes. Jusqu’à aujourd’hui, elle a déboursé 46 milliards d’euros environ et doit encore signer un chèque, qui fera monter la facture à 67 milliards d’euros.

Mais c’est oublier que la crise grecque, à l’origine d’une défiance générale envers la zone euro, a provoqué un mouvement de «fuite vers la qualité», qui s’est traduite par une ruée sur la dette allemande. Pour preuve, Berlin se finance sur certains titres à un taux de 0%. Plus remarquable encore, le coût d’emprunt à deux ans sur le marché secondaire a été négatif au début du mois de juin. Ce qui signifie que les investisseurs étaient prêts à perdre de l’argent pour préserver leur capital, un peu comme s’ils louaient un coffre-fort à la banque. Lire la suite

Le « chantage grec » s’invite au comptoir d’Yves Calvi, par Frédéric Lemaire

http://www.acrimed.org/article3838.html

Le plateau de l’émission « C dans l’air » diffusée sur France 5 a parfois des airs de vieux bistrot, avec ses habitués – toujours les mêmes –, son taulier affable et plein de bon sens, et ses sempiternelles discussions de café du commerce. L’émission du 22 mai 2012, « Europe, la crise dope les extrêmes », le confirme : dans le rôle des piliers, on retrouve notamment Roland Cayrol, ex-sondeur chez CSA, directeur de recherche au Centre de recherches politiques de Sciences-po (34 participations à l’émission depuis mai 2011), Pascal Perrineau, directeur du Centre de recherches politiques de Sciences-po (26 participations à son palmarès depuis mai 2011) et un petit jeune plein d’avenir, Jérôme Fourquet, ex-diplômé de Sciences-po, sondeur chez IFOP (seulement huit émissions depuis mai 2011) [1].

Invitée pour témoigner de la situation en Grèce, Alexia Kefalas n’est pas tout à fait une habituée du plateau de « C dans l’air », avec (seulement) quatre émissions depuis mai 2011. Mais son CV joue pour elle : correspondante multicarte pour France 2, France 24, Courrier international, TV5 Monde, et journaliste au Figaro ainsi que pour le « quotidien de référence »grec (dixit Calvi), Kathimerini (un journal historiquement conservateur et proche du parti de centre-droit « nouvelle démocratie » [2]), elle fait office de parfaite « représentante » grecque. Le plateau est bouclé : place au débat. Lire la suite

Grèce : inversion d’un pervers dilemme, par Makis Malafékas

http://www.liberation.fr/monde/2012/06/04/grece-inversion-d-un-pervers-dilemme_823559

sans titre, encre de Chine, oeuvre de Makis Malafékas

 

Rien de plus simple que d’avancer à coups de réponses tranchées à des dilemmes. Simple et pervers. Surtout lorsque ceux-ci sont formulés de manière élémentaire, en termes de chantage.

 

 

Acheter sa carte Orange pour ce mois ou bien prévoir la consommation de dix jambon beurre pour les repas de midi ? Accepter pour la troisième semaine consécutive des heures supplémentaires abusives ainsi que le comportement autoritaire de son employeur, ou bien se mettre à la recherche d’un autre emploi ? (Et pourquoi pas changer carrément de secteur professionnel tant qu’on y est ! Ce ne sont pas les opportunités qui manquent).

Lorsque ceci s’applique à des sociétés et à des peuples entiers, ça devient autrement plus amusant ! Voulez-vous toucher votre retraite le mois prochain ou bien que vos petits-enfants soient fournis en manuels scolaires ? Faites votre choix ! Voulez-vous des sous en euros tout en bradant votre patrimoine national, ou bien en drachmes tout en faisant connaissance avec la misère des pays du tiers-monde ? (M. Cohn-Bendit ajouterait volontiers une charmante dictature militaire à ce panorama sensationnel). Lire la suite

La fausse solution des eurobonds, par Frédéric Lordon

http://blog.mondediplo.net/2012-06-01-La-fausse-solution-des-eurobonds

Au point où le destin de la zone euro, et en fait de l’Union tout entière, se trouve rendu à l’alternative radicale de l’explosion ou du fédéralisme complet, il semble bien que vae victis soit la réponse, malheur aux vaincus, aux demi-habiles et aux faux visionnaires, architectes prétendus d’une grandiose construction politique mais sans la moindre culture politique, ou du moins persuadés que l’ingénierie des pactes fiscaux pouvait leur en tenir lieu. Il est à craindre en effet que les ouvriers paniqués de la onzième heure ne puissent accomplir ce qui aurait dû être entrepris depuis très longtemps, mais à quoi en fait ils se sont toujours refusés, et que le temps compté d’une crise aigüe ne leur laissera pas accomplir : la construction d’une souveraineté démocratique européenne. Par quel miracle d’ailleurs les apprentis néo-démocrates pourraient-ils retrouver, en fait même trouver tout court, les voies d’une réintégration des peuples quand leurs efforts les plus constants n’auront eu de cesse de les tenir écartés depuis l’origine ? Fidèles à leurs réflexes incorporés et dans l’effroi de la destruction imminente, c’est de nouveau par la voie de l’ingénierie financière que les gouvernants européens pensent se sauver et finalement repousser encore un peu le moment politique fatidique. Lire la suite

« Chez les Grecs », Lettre destinée au dessinateur du Monde Xavier Gorce, par Michel Volkovitch

Hier en ouvrant mon journal, Monsieur, j’ai trouvé ça :


J’ai crurecevoir une gifle. Les Grecs, un ramassis de branleurs… J’ai cru entendre legros rire d’Angela Merkel suivie par des millions de nantis du monde entier. Jene savais pas que Le Monde pouvait courtiserun tel public de beaufs.

Non, les Grecsne passent pas leur temps à glander. Tous les Français n’ont pas un béret etune baguette sous le bras. Et les dessinateurs n’ont pas tous du talent. Connaissez-vousles Grecs ? Moi qui depuis trente ans les fréquente et les traduis, jepeux vous l’assurer, et une étude publiée dans Le Monde le confirme : ils ne bossent pas moins que lesAllemands. Ou que les Français. Ou qu’un dessinateur fort bien payé, sûrement,pour pondre son dessin du jour en un quart d’heure. Ils bossent dans desconditions souvent plus difficiles que nous, ou s’ils ne bossent pas, c’est qu’ilspassent leur temps à chercher du boulot en vain. Lire la suite

Grèce : le FMI et Lagarde ont tout faux, par Damien Millet, Eric Toussaint

http://www.cadtm.org/Grece-le-FMI-et-Lagarde-ont-tout

Christine Lagarde, directrice générale du FMI, a fait une déclaration à propos de la Grèce et de l’Afrique qui exige une mise au point. Voici 30 ans, éclatait la crise de la dette du tiers-monde. Poussés à s’endetter et à exporter de plus en plus, les pays du Sud subissaient de plein fouet la forte hausse des taux d’intérêt et la dégringolade des cours des matières premières orchestrées par les milieux financiers internationaux. Bien sûr, la corruption, l’autoritarisme et la mégalomanie de certains dirigeants de ces pays ont exacerbé la crise, mais ils ne l’ont pas provoquée. L’Afrique a été un continent particulièrement touché, les conditions de vie se sont nettement détériorées et les indicateurs sociaux sont alarmants. Les services publics de santé et d’éducation, entre autres, ont été laminés par les exigences des créanciers, mises en musique par le FMI. Interrogée sur la Grèce, Christine Lagarde déclare au quotidien britannique The Guardian : « Je pense davantage aux petits enfants d’une école d’un petit village du Niger qui n’ont que deux heures de cours par jour, qui partagent une chaise pour trois et qui ont soif d’apprendre ». Christine Lagarde ne précise pas que le Niger a été soumis aux exigences du FMI pendant plus de 25 ans. Elle n’ignore pas que si des enfants nigériens sont privés d’une scolarité normale, le FMI en est largement responsable. Lire la suite