Goethe et la dette grecque : Weimar 1803-2011, par Antoni Marí

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Traduit par Eve Harguindey

 

Sur la fresque murale Weimar 1803, Otto Knille avait peint la société littéraire la plus remarquable de la ville. Au centre de l’image, un immense buste d’Homère avec le conseiller aulique Goethe qui appuie son bras droit sur la sculpture. À droite sur la fresque – une composition chargée de sens – se tient Schiller qui observe tout avec recul ; il est entouré des frères Humboldt, Wieland, Schleiermacher, Herder, Gauss, Wilhelm Schlegel, Klinger, Tieck, Jean-Paul, Pestalozzi… accompagnés de Terpsichore, muse de la danse et du chant choral.

Weimar 1803 a été réalisé en 1884 ; c’est une vision idéalisée des représentants de l’aristocratie de l’esprit de la ville la plus illustre du territoire germanique. Hegel, Hölderlin, Schelling et Fichte, bien que non établis dans celle ville, auraient pu y figurer, ainsi que le plus jeune des frères Schlegel et Kant, bien que plus âgé – il mourra l’année suivante – et sûrement pas disposé à faire cette promenade.

Il peut paraitre étrange que, sous la présence autoritaire d’Homère, on trouve rassemblés autant d’Allemands parmi les meilleurs, mais ce n’est pas le cas. Goethe, qui se tient près de lui, a été un des premiers à reconnaître la Grèce comme modèle pour une Allemagne utopique dont il faudra attendre plus de soixante ans pour voir son unification. Déjà, dansWerther (1774), Homère chante des berceuses au mélancolique jouvenceau et ces lieder sont la seule consolation à ses peines. Quelques années plus tard, Schiller identifiera Goethe à Homère pour son élégance naïve et son réalisme. Lire la suite