Monsieur Hollande, bombardez la Grèce s’il vous plaît, par Makis Malafekas

http://www.rue89.com/2013/09/24/monsieur-hollande-bombardez-grece-sil-plait-245999

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Quand je vous demande, monsieur Hollande, de bombarder la « Grèce », soyons clairs, j’entends « le régime » bien entendu :

  • l’establishment financier évidemment (souvenez-vous : cet « adversaire sans visage » que, d’une voix déjà cassée, vous promettiez de combattre à trois mois des élections) : cartels médiatico-banquiers, armateurs voyous, détourneurs de fonds publics tranquillement réfugiés off-shore ;
  • l’appareil répressif d’Etat, sans faute, désormais majoritairement composé sinon de militants revendiqués, en tout cas de sympathisants néonazis, adonnés depuis trop longtemps aux pires exactions ;
  • mais surtout, surtout, le pouvoir exécutif lui-même, cet énième gouvernement Goldman Sachs fabriqué de toutes pièces (présentateurs télé, filles et fils de, anciens cadres d’extrême droite…) dont vous avez activement soutenu la formation et les agissements dès le lendemain de votre prestation de serment.

Certes, à l’époque, vous n’aviez peut-être pas le recul nécessaire dont on dispose aujourd’hui, je veux bien vous l’accorder. Vous ne pouviez pas savoir que ce gouvernement – que Monsieur Fabius qualifiait encore récemment de « courageux » – bâtirait des camps infernaux pour y amasser des dizaines de milliers d’immigrés ; qu’il pousserait près de la moitié de la population du pays au bord de la famine par l’application zélée des dictats budgétaires de la Troïka. Lire la suite

La chronique d’un crime étatique

par Réseau de Soutien Social des Réfugiés et des Immigrés et Réseau pour les Droits Politiques et Sociaux (traduit par L. K.)

« J’ai améné ma famille pour la sauver des flammes qui enveloppent la Syrie. Elle a finit par être brulée vive en Grèce » Wasim Abounahi

A propos de la morte « accidentelle » de Lamis Abounahi et de ses enfants Undai (3 ans) et Layal (9 mois) à la suite d’une incendie éclatée aux montagnes de Samos.

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Le 21 juillet, tôt le matin, le réfugié syrien Wasim Abounahi, sa femme Lamis, leurs enfants Undai et Lavale et deux amis, Jihad Kelani and Mohammad Basis, débarquent par un canot pneumatique venu de Turquie, à la côté rocheuse de Samos.

Les réfugiés montent sur l’escarpement et se cachent à la région boisée jusqu’à ce que le soleil tombe. Lamis est malade et épuisée et alors Kelani -qui parle très bien l’anglais- appelle -par le seul téléphone mobile qu’ils ont à leur disposition- le numéro d’urgence des autorités turques (7777) pour demander de l’aide. Ayant localisé le signal du mobile, les autorités turques de leur part donnent à Kelani le numéro d’urgence des autorités grecques (112). Les réfugiés n’arrivent pas à contacter au numéro dicté et Kelani rappelle aux autorités turques pour leur demander de contacter directement avec leurs homologues grecs. En effet, un peu plus tard, Kelani reçoit un coup de téléphone par un mobile grec et explique à la femme qui se trouve de l’autre côté de la ligne leur situation vraiment tragique. Enfin, ils se mettent d’accord que les réfugiés mettraient du feu au bord du roc afin qu’ils puissent être localisés par le bateau de sauvetage. Lire la suite

Pétition pour la mise en liberté immédiate de Costas Sakkas

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Le KEDDE (mouvement pour les libertés et les droits démocratiques de notre ère) lance une initiative pour la libération immédiate du détenu politique Costas Sakkas. Vous pouvez diffuser ce texte ou le signer en remplissant le formulaire qui suit.

Le lundi 8 juin, à 19h30, une manifestation aura lieu à Athènes, à 19h30, pour protester contre la détention provisoire de Costas et nous remettrons la résolution au Ministre de la justice.

Nous tous qui signons ce texte dénonçons l’arrêt inédit du Conseil de la magistrature ordonnant la prolongation de la détention provisoire de l’anarchiste Costas Sakkas au-delà des 30 mois, en violation de toute prescription constitutionnelle et de toute dispositions juridique. En son article 6, paragraphe 4, la Constitution prévoit le délai de 18 mois comme délai maximum de détention provisoire, interdit que des détentions provisoires successives soient imposées et n’accorde pas au législateur commun de légiférer autrement. Néanmoins, l’article 299 du Code de procédure pénale autorise qu’une nouvelle détention provisoire soit imposée, au motif d’actes similaires, dont la durée maximale  est de 12 mois. Dans le cas de Costas Sakkas, tous les délais sont violés : il est en prison sans procès depuis le 4 décembre 2010 (31 mois) constamment confronté à des détentions provisoires et des prolongations. Lire la suite

Grèce : L’antisémitisme fait-il la loi ?, par Michaël Löwy

http://blogs.mediapart.fr/blog/michael-lowy/020713/grece-l-antisemitisme-fait-il-la-loi

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Un marxiste juif est traîné devant les tribunaux, accusé par les nazis de les avoir « calomniés ». Sommes-nous en Allemagne en 1933? Pas du tout: il s’agit de la Grèce « démocratique »  (avec beaucoup de guillemets) de 2013… L’accusé en question s’appelle Savas Mikhail, brillant intellectuel et dirigeant d’une des organisations de la gauche marxiste-révolutionnaire grecque.

Savas Mikhail est un penseur a-typique et parfaitement « hors normes » : juif grec anti-sioniste et internationaliste, il est l’ auteur d’une œuvre considérable, inclassable, quelque part entre littérature, philosophie et lutte de classes, qui se distingue par l’originalité et le dynamisme de sa démarche. La première chose qui impressionne le lecteur de ses écrits c’est son immense culture : l’auteur connaît de près la Bible, le Talmud, la Kabbale, le théâtre grec ancien, la littérature européenne, la philosophie française contemporaine, la poésie grecque moderne, Hegel et Marx – sans parler de Trotsky, sa principale boussole politique – on pourrait allonger la liste. Lire la suite

26 Juin : Journée internationale de solidarité avec la lutte des travailleurs de Vio.Me.

http://www.autogestion.asso.fr/?p=3282

« Vous ne le pouvez pas ? Nous, nous le pouvons ! »

« Vous ne le pouvez pas ? Nous, nous le pouvons ! »

La lutte des travailleurs de Vio.Me. est désormais une longue histoire, mais elle est aussi un combat d’avenir.

C’est l’histoire d’une usine abandonnée par les employeurs, oubliée par l’État et le gouvernement, et ignorée des bureaucraties syndicales. C’est l’histoire d’une usine où, comme dans nombre d’endroits, les travailleurs ont perdu leur emploi dans le contexte d’un désastre que les dirigeants appellent restructuration économique, et que nous préférons nommer crise et faillite du capitalisme mondialisé. C’est une histoire de désastre et de destruction, comme il y en a tant d’autres autour de nous.

Mais, c’est avant tout l’histoire d’une fraction de la classe ouvrière qui refuse de baisser les bras. C’est l’histoire d’une auto-organisation des travailleurs sur la base de la démocratie directe basée sur la conscience d’une unité de classe dans laquelle les principes d’organisation sont l’intérêt collectif et les assemblées générales. C’est l’histoire de la reprise et de l’autogestion de l’usine Vio.Me., où le besoin d’un travail et d’une rémunération digne sont le déterminant principal. C’est l’histoire d’une communauté de lutte où les problèmes quotidiens trouvent des solutions collectives. C’est une histoire de créativité. Lire la suite

La Grèce n’est pas un pays «normal», par Stathis Kouvelakis

Le texte de l’intervention de Stathis Kouvelakis à la soirée de soutien aux citoyens grecs organisée par Mediapart et Reporteurs Sans Frontières le mardi 18 juin au Théâtre de Châtelet (voir la vidéo ci-dessous).

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Si un doute subsistait encore à ce sujet, il est désormais levé : la Grèce n’est pas un pays « normal ». Dans un pays « normal », de nos jours, en Europe, ce genre de choses n’arrive pas, seulement dans des dictatures ou dans des pays sous occupation. Seulement voilà, sans être sous le joug des militaires, ou d’une armée étrangère, la Grèce a cessé d’être un pays « normal ». Depuis maintenant trois ans, elle a, en effet, pris congé de ce qui, ici ou ailleurs dans notre continent, est considéré comme relevant de la « normalité ».

Car il ne saurait bien entendu y avoir de « normalité », de vie en commun tolérable, dans un pays dévasté, où la récession et le chômage atteignent des niveaux inconnus depuis les années 1930. Dans un pays où la discussion ordinaire des lycéens est la destination vers laquelle elles ou ils comptent émigrer.

Il ne saurait y avoir de « normalité » avec des écoles, des universités, des hôpitaux qui partent à la dérive, quand la population est confrontée à ce qu’on peut qualifier de désastre humanitaire.

Il ne saurait y avoir de « normalité » quand, comme nous l’enseigne l’expérience historique, le désespoir et la colère impuissante d’une société paupérisée et humiliée se tournent contre les groupes les plus fragiles, dont la vie devient un enfer et qui replongent dans une horreur que, là aussi, on croyait oubliée dans nos pays depuis les années 1930. Lire la suite

ERT : Décision du Conseil d’État, quelques précisions, par Georgia Bechlivanou Moreau

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Hier soir, lundi 17 juin, le Conseil d’État grec a statué sur le recours en référé du syndicat du personnel de l’ERT (POSPERT) contre la décision du premier ministre grec
de fermer ERT et bloquer immédiatement toutes les diffusions. Voici quelques précisions après lecture de la décision du Conseil d’État :

1. Cette décision est provisoire et ne se prononce pas sur le fond de l’affaire;

2. Sur le fond, la décision sera rendue fin septembre;

3. Elle ne concerne qu’un volet du recours : l’arrêt de la diffusion des émissions d’ERT et non pas la fermeture d’ERT;

4. Elle ordonne donc la reprise de la diffusion des émissions, mais laisse la partie de la mise en œuvre de la disparition d’ERT intacte;

5. Sa mise à mort continuera donc à produire des effets jusqu’à l’examen sur le fond en septembre, et sa liquidation peut commencer à tout moment;

6. Elle laisse entendre que les actuelles équipes pourraient continuer à travailler sous le contrôle d’un comité de liquidation, comme dans des procédures de liquidation d’une entreprise, jusqu’à la mise en place de la nouvelle équipe, voire, que la rediffusion ne pourra reprendre que lorsque cette nouvelle équipe sera recrutée.

Pour plus de précisions, nous attendons la nouvelle rencontre de la « troïka de l’intérieur » (Nouvelle Démocratie, PASOK, Gauche Démocratique), programmée pour demain, mercedi 19 juin.