Grèce : a-t-on tenté « d’acheter » la présidentielle ?

par Romaric Godin

source http://www.latribune.fr

Un député d’un parti d’opposition affirme avoir fait l’objet d’une tentative de corruption pour acheter sa voix. On lui aurait proposer 2 à 3 millions d’euros pour voter en faveur du candidat gouvernemental.

On sait combien le gouvernement grec peine à trouver une majorité pour élire son candidat à la présidence de la République et, ainsi, éviter des élections anticipées. Lors du premier tour de cette élection, le candidat gouvernemental Stavros Dimas, n’a obtenu que 160 voix, soit 7 de plus que la majorité parlementaire, mais encore loin des 180 voix nécessaires à l’élection au troisième tour, dernière possibilité d’éviter le scrutin anticipé.

3 millions d’euros pour élire un président

Mais ce vendredi 19 novembre, un député du parti eurosceptique de droite, les Grecs Indépendants, a annoncé avoir été approché par un intermédiaire qui lui aurait proposé 2 à 3 millions d’euros, dont 700.000 en liquide, plus divers autres avantages pour voter en faveur de Stavros Dimas. Ce député, Pavlos Haikalis, a refusé et fournit, pour appuyer ses dires, des vidéos montrant l’approche de cet intermédiaire qui, selon lui, appartient au « secteur de la finance. »

« Spectacle méprisable »

Alors que le porte-parole du gouvernement a dénoncé un « spectacle méprisable », la Commission d’éthique de la Vouli, le parlement grec, s’est saisie de l’affaire. Le nom de l’intermédiaire n’a pas été révélé, mais le secrétaire de Nouvelle Démocratie, le parti d’Antonis Samaras, a accusé cet homme d’être un proche du président des Grecs Indépendants. L’affaire semble donc trouble.

Pas de majorité possible à une voix près

Les Grecs indépendants disposent de 12 députés. Ils ont passé un accord avec le parti d’opposition Syriza pour s’entendre et ne voter pour aucun candidat gouvernemental à la présidence afin de déclencher des élections anticipées. L’ensemble des partis ayant refusé de voter pour Stavros Dimas représente 121 élus, ce qui, pour une voix, empêche toute majorité des deux tiers nécessaire à l’élection de ce dernier.

Elections anticipées si le 29 décembre, aucun président n’est élu

Une chose est certaine : la tension monte alors que l’échéance de nouvelles élections approche. Un deuxième tour du scrutin présidentiel doit avoir lieu le 23 décembre. Comme pour le précédent tour, Stavros Dimas aura besoin de 200 voix pour être élu. Le 29 décembre, un troisième tour se tiendra où 180 voix suffiront. S’il ne les obtient pas, la Vouli sera dissoute. Une perspective qu’Antonis Samaras voudrait éviter. A tout prix ?

Une réflexion au sujet de « Grèce : a-t-on tenté « d’acheter » la présidentielle ? »

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