Des initiatives citoyennes pour une gestion sociale des déchets, par Chryssoula Anastassiadou

http://www.autogestion.asso.fr/?p=2973

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Les politiques de privatisation de la gestion des déchets aboutissent à la multiplication des incinérateurs. Face à cela, les citoyens se mobilisent. Au-delà de la résistance, l’initiative prosynat construit une alternative écologique qui vise à la réduction des déchets et une gestion décentralisée de leur traitement.

Face à la politique du gouvernement grec qui distribue des droits de construction d’incinérateurs de déchets – choix le plus coûteux et le plus polluant -, les habitants des villes où ces équipements doivent être installés se mobilisent pour refuser la dégradation de leur environnement et proposer comme alternative, une gestion sociale et décentralisée des déchets. A Keratea, petite ville du sud-est d’Athènes, les  habitants ont réussi à annuler le projet d’installation d’une décharge en plein air en dépit d’un siège policier de 128 jours (http://antixyta.blogspot.fr et  http://lavreotiki.com). Fort de ce précédent, des citoyens se sont rassemblés pour créer des initiatives de coordination des luttes et d’élaboration de propositions alternatives.

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A Fili, région proche du centre ville d’Athènes, le comité de lutte (http://epitropi-fylis.blogspot.fr) réclame la fermeture de la décharge en plein air. Le comité de lutte de Markopoulo (banlieue d’Athènes) (http://epagomarko.blogspot.fr) coordonne l’opposition des habitants à la construction de six usines de combustion de biomasse qui produiront de l’énergie électrique (l’utilisation des incinérateurs de déchets ménagers comme unités de production d’électricité sert ainsi à masquer la nocivité de l’entreprise).
Sur l’île de Corfou, les habitants de la région de Lefkimi se mobilisent contre le projet de décharge à proximité de leurs logements (http://xyta-lefkimis.blogspot.fr). Dans la région d’Egio en Péloponnèse, les habitants s’opposent à la création d’une décharge (http://papanikolou.blogspot.fr). A Mauroraxi, en banlieue de Thessalonique, la mobilisation des habitants a obligé la mairie à mettre en place un comité de contrôle du fonctionnement de la décharge locale. Son rôle est de s’assurer que toutes les règles de protection de l’environnement sont respectées et de diminuer ainsi l’impact de la décharge. Mais les habitants, malgré ce succès, ne baissent pas les bras et réclament l’installation d’une solution alternative de gestion des déchets.

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Dans la région d’Attiki, la grande agglomération qui entoure Athènes, la victoire de Keratea a donné naissance à une discussion publique autour de la gestion des déchets. Des citoyens, des écologistes, des sympathisants de gauche, des militants d’espaces autogérés ont décidé de ne pas en rester au stade de la protestation mais de discuter et d’échanger pour organiser une résistance globale au plan d’attaque du gouvernement. L’initiative, ainsi dénommée « Initiative des discussion pour la gestion des déchets » (prosynat.blogspot.com), fonctionne sans structure hiérarchique et sur la base de la démocratie directe. Ses objectifs peuvent être résumés en trois points :

  1. Modification des plans national et régionaux actuels, totalement dépourvus de politique de diminution des déchets, qui optent pour la solution de l’incinération, à la fois chère et toxique pour l’environnement ;
  2. Annulation des décisions de mise en place d’incinérateurs ;
  3. Elaboration et application d’une gestion alternative des déchets à tous les niveaux.

La solution alternative que cette initiative propose s’appuie sur des critères de participation citoyenne, de non-dépendance aux intérêts du secteur privé, d’optimisation du tri et est radicalement opposée à la solution de l’incinération. Elle est conçue sur une gestion de petite échelle et de proximité qui implique chaque famille, chaque quartier, chaque ville. Son but est de minimiser, par le recyclage, la réutilisation, le tri et le compostage, le volume des déchets qui doivent être transportés et traités dans les centrales de gestion. Les avantages de cette solution sont multiples :

  • Limitation des dégâts sur l’environnement par la réduction du volume des déchets qui seront détruits ;
  • Economie d’énergie par la réduction des transports et des traitements de déchets ;
  • Récupération optimisée des matières premières et des matériaux récupérables grâce au tri à la source ;
  • Implication de tous les citoyens et création d’emplois au niveau local.

Toutes ces initiatives apparues ces dernières années constituent des réponses à la politique d’application des mémorandums qui confie la gestion des déchets à des compagnies privées sans imposer le moindre cahier de charges. Chaque compagnie est libre de choisir sa méthode de destruction des déchets et d’imposer, évidemment, son prix. Ainsi, la solution d’un problème qui concerne la société entière devient un moyen d’enrichissement pour les uns, d’augmentation des coûts et de mise en danger de la vie pour les autres. Le contexte général de défiance à l’égard des institutions actuelles pousse les gens à réagir vigoureusement contre tout ce qui menace leur qualité de vie et à chercher de nouvelles solutions qui respectent les citoyen-nes et l’environnement.

 

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