Indymedia, la droite fascisante et Samaras, par Aris Chatzistefanou

sources : en français, http://www.okeanews.fr/20130427-indymedia-la-droite-fascisante-et-samaras-par-aris-chatzistefanou#axzz2Rec8uQRj, en grec, http://info-war.gr/2013/04/%CF%84%CE%BF-indymedia-%CE%B7-%CF%86%CE%B1%CF%83%CE%AF%CE%B6%CE%BF%CF%85%CF%83%CE%B1-%CE%B4%CE%B5%CE%BE%CE%B9%CE%AC-%CE%BA%CE%B1%CE%B9-%CE%BF-%CF%83%CE%B1%CE%BC%CE%B1%CF%81%CE%AC%CF%82/

Adonis Georgiades (ex LAOS) - Antonis Samaras - Makis "la hâche" Voridis (ex LAOS)

Adonis Georgiades (ex LAOS) – Antonis Samaras – Makis « la hâche » Voridis (ex LAOS)

Le site internet Athens Indymedia a été récemment fermé puis ré-ouvert, après un passage via la plateforme Tor. Régulièrement mise en cause et attaquée, depuis des années, notamment par l’extrême droite, la plateforme indépendante a fait l’objet d’une attention particulière ces dernières semaines. Le porte parole du groupe parlementaire du parti d’Antonis Samaras, sur twitter, avait d’ailleurs félicité le ministre de l’ordre public, N. Dendias, pour la fermeture du site. Et l’histoire montre que les tentatives de museler et décrédibiliser (voir infiltrer) Indymedia sont légion. Retour sur « Indymedia, la droite fascisante et Samaras », par Aris Chatzistefanou, auteur du site InfoWar et co-réalisateur de Debtocracy et Catastroïka.

Traduction : Christine Cooreman

Il semblerait que le gouvernement Kouvelis – Venizelos – Samaras ait décidé de donner une suite favorable à une revendication de longue date de la droite fascisante et néonazie, avec cette nouvelle tentative de museler Indymedia. Au moment où de grandes stations émettant sur des fréquences publiques sont transformées en porte-paroles d’Aube Dorée, le gouvernement s’attaque à toute voix s’opposant à la fascisation des médias grecs attachés au mémorandum.

Cela vaut la peine de rappeler un ancien article de l’équipe d’Ios qui révèle qui étaient les premiers à avoir demandé la fermeture de cette source d’information indépendante :

«Une première campagne contre Athens Indymedia a été lancée par les médias électroniques à l’automne 2002, dans le cadre de la campagne « antiterroriste » coordonnée qui accompagna le démantèlement de l’organisation « 17Ν ». Le site, qui se démarquait de la « lubricité terroriste » hystérique qui prévalait alors, a conduit à des vociférations demandant sa fermeture, notamment après la manifestation massive du 1er octobre. » Lire la suite

Austérité et destruction de la nature : l’exemple grec, entretien avec Roxanne Mitralias par Contretemps

http://www.contretemps.eu/interviews/aust%C3%A9rit%C3%A9-destruction-nature-lexemple-grec-entretien-roxanne-mitralias

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Contretemps : Quelle est la situation en Grèce aujourd’hui ?

Cela fait maintenant près de trois ans que la Grèce est devenue le laboratoire de politiques d’austérité d’une ampleur sans précédent au Nord. On y applique des recettes qu’on nommait « plans d’ajustements structurels » du temps du FMI et qu’on appelle, à l’heure de la Troïka, « plans de sauvetage ». Laboratoire aussi et surtout pour tester la population, évaluer jusqu’où il est possible d’aller sans que celle-ci ne se révolte. Malgré deux dizaines de grèves générales en trois ans et plus de cinq mille manifestations et grèves en 2012, des occupations et des mouvements de désobéissance civile d’ampleur, on peut dire aujourd’hui qu’il est possible d’aller très loin, au-delà de ce qu’il était permis d’imaginer. En termes de droits sociaux, la situation est relativement connue. En moyenne, un grec a perdu 40% de son salaire. Il doit en même temps faire face à l’augmentation du coût de la vie (liée à l’augmentation des taxes, mais aussi à la dépendance aux importations et à certains cartels – comme celui du lait, un des plus chers d’Europe) mais aussi à des impôts faramineux, qualifiés depuis trois ans d’« extraordinaires ». Très souvent ce même grec a perdu son travail, assez vite ses indemnités chômage et sa couverture santé. Il peut alors finir à la rue, ou bien émigrer, certaines fois il est poussé au suicide. Bien sûr il y a encore des grecs qui s’en sortent : ils peuvent compter sur leurs économies – vestiges de la croissance des années 1990, sur les appartements qu’ils ont acquis pendant l’énorme exode rural des années 1960 – vides de locataires maintenant, ou tout simplement sur la famille – lien invisible qui relie la ville à la campagne et permet encore de se nourrir. Mais il y a quelque chose dont on parle peu dans les médias européens. Dans ce fameux laboratoire, on mène d’autres sortes d’expériences. De manière tout à fait concomitante avec la destruction de la société, le gouvernement de la Troïka a pris ses dispositions pour exploiter les ressources naturelles. Evidemment cela se fait par les moyens classiques, c’est-à-dire la diminution des fonds accordés à la protection et la gestion de l’environnement. Cela passe aussi par la remise en cause des dispositions législatives et règlementaires qui barraient tant bien que mal la route à la surexploitation des ressources naturelles. Mais cela va jusqu’à la remise en cause de la constitution grecque qui empêchait (dans plusieurs articles dont l’article 24) l’exploitation privée du littoral et des espaces forestiers ; le mémorandum 2, voté au printemps 2012, accorde désormais cette possibilité. Les plages, par exemple, sont cédées pour 50 ans ! On assiste déjà ou très bientôt à une vague de privatisations, de concessions, de ventes et, d’une manière générale, d’accaparements sans précédent : des ressources minières, des terres, du littoral, de la mer, des forêts, des îles, des sources thermales et des grottes, des monuments archéologiques et des ports ou de la gestion des déchets et de l’eau. A titre d’exemple, fin janvier 2013, l’Acropole et le lac de Cassiopée à Corfou ont été vendus à NCH Capital pour y construire des logements touristiques. Cela se traduit aussi par ce qu’on appelle des éléphants blancs, c’est-à-dire des grands projets inutiles construits contre les besoins des populations, y compris dans une période de récession de cette ampleur : c’est le cas du projet de détournement du fleuve Akhelóös ou des investissements nécessaires pour les énergies renouvelables industrielles. Mais, les formidables cadeaux qu’offre le gouvernement grec au « monde de l’entreprise », ne servent même pas à créer de l’emploi ou améliorer le sort de la population, puisque le chômage atteint 27% en 2012. Dans cette Grèce du XXIème siècle où l’on brade tout pour rien, c’en est fini de la vie telle qu’on l’a connaissait. Le pays devient un protectorat énergétique et la nature se transforme en un nouvel espace d’investissement, immense casino pour les profits des capitalistes avides de continuer à s’enrichir. Bienvenu dans ce monde où cette déesse moderne, la dette, exige qu’on sacrifie à son autel tout ce qui faisait le socle de la société humaine. Lire la suite

Les fraises de Manolada (Grèce) sont tachées du sang des ouvriers !, par Solidaires

COMMUNIQUE DE PRESSE, le 19 avril 2013

Le patronat agricole fait tirer sur les saisonniers immigrés qui demandent leurs salaires !

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Le 17 avril, des travailleurs saisonniers de Manolada dans le Péloponèse (Grèce) se sont faits tirés dessus, à coups de fusil, parce qu’ils demandaient … le paiement de leurs salaires, impayés pour certains depuis 6 mois.

Plusieurs dizaines d’ouvriers sont blessés, certains gravement. Ces travailleurs immigrés sont exploités par le patronat agricole depuis des années ; quand ils « osent » demander les salaires qui leur sont volés depuis des mois, des nervis leur tirent dessus !

Cet acte n’est pas un phénomène isolé ou marginal. Il s’inscrit dans la logique meurtrière du capitalisme qui organise l’écrasement des plus démuni-es. Ouvriers … saisonniers … immigrés … les travailleurs de Manolada sont méprisés par les exploitants exploiteurs ! Au-delà de ce récent épisode, les agressions envers les travailleurs/ses immigré-es sont régulières dans cette région.  Lire la suite

Grèce : Le prix du sang pour la fraise de Manolada !, par Confédération Paysanne

COMMUNIQUE DE PRESSE, Bagnolet, le 19 avril 2013

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Le 17 avril, c’est la journée internationale des luttes paysannes, en commémoration de l’assassinat de leaders paysans brésiliens en 1996. En 2013, en Grèce, des travailleurs saisonniers dans les champs de fraises qui venaient réclamer leurs paies en retard se sont fait tirer comme des lapins (une quarantaine de blessés dont quatre dans un état grave)… Les contremaîtres à la solde des patrons continuent, en Grèce comme ailleurs, de vouloir imprimer une géographie de la peur et de la sujétion dans les cultures industrielles.

La Confédération paysanne condamne fermement ces actes scandaleux et attend des autorités que tout soit mis en œuvre pour réprimer les auteurs de ces actes, rétablir une situation de droit pour ces saisonniers spoliés et prendre toute mesure destinée a assurer la protection et le respect de la dignité des travailleurs de la terre. Lire la suite

Iérissos, Iérissos !, par Makis Malafékas

http://www.liberation.fr/monde/2013/04/17/ierissos-ierissos_896938

Ierissos

Retenez ce nom, lecteurs avides de justice sociale, de justice tout court. Retenez ce mot qui ne figure nulle part dans les reportages des médias français, citoyens d’un pays où vous devrez bientôt défendre bec et ongles les droits acquis suite à de longues décennies de sacrifices et de luttes, où vous devrez défendre vos biens publics, votre patrimoine commun, votre dignité même face à la déferlante libérale qui se dirige inexorablement vers vous.

Depuis quelque temps, un petit village reculé du nord de la Grèce, Iérissos, est devenu le symbole de la lutte contre l’expropriation des richesses naturelles du pays, planifiée dans le cadre de son présumé sauvetage. La compagnie canadienne «Eldorado Gold» (!), géant mondial de l’exploitation minière, a obtenu de la part du gouvernement de coalition le droit d’ouvrir et d’exploiter des mines d’or, de cuivre et de plomb dans une région protégée à la biodiversité unique, où sont également enfouies des antiquités classiques et byzantines ; tout cela pour une période indéterminée, et au prix d’un «loyer» absolument anecdotique. Selon les conclusions de nombreuses expertises, les procédures d’extraction sur une étendue de plusieurs centaines d’hectares de forêt vierge affecteraient irrémédiablement la nappe phréatique de la région tout entière. Lire la suite

Grèce : un superviseur d’une ferme tire sur ses employés bangladais. Près de 30 blessés, par Okeanos

source : http://www.okeanews.fr/20130418-grece-un-superviseur-dune-ferme-tire-sur-ses-employes-bangladais-pres-de-30-blesses#axzz2QnRoywRh

La région de Nea Manolada dans le Péloponnèse a déjà connu des épisodes d’abus sur les migrants par le passé. Hier, alors que 200 employés bangladais demandaient leurs 6 derniers mois de salaire impayés, un -au moins- des superviseurs est sorti avec son fusil de chasse et a tiré sur les migrants. Plus de 20 blessés ont été transportés à l’hôpital hier soir. 4 d’entre eux étaient dans un état critique.

Manolada : deux des migrants blessés

Manolada : deux des migrants blessés

L’incident s’est produit lorsque 200 travailleurs auraient exigé l’équivalent de six mois de salaires impayés à leur employeur dans la région d’Ilia. Après des échanges verbaux entre les migrants et les trois superviseurs de la ferme, l’un des superviseurs – au moins-  a tiré sur les employés avec un fusil de chasse. Près de 30 travailleurs ont été blessés dans l’incident, plusieurs d’entre eux étaient dans un état critique mercredi soir.

Le propriétaire de la ferme, qui n’aurait pas été présent lors de la fusillade, a été arrêté mais les trois superviseurs étaient recherchés. La Police semble connaître l’identité des hommes qu’elle recherche.

Manolada a été au centre d’affaires de violence contre les travailleurs migrants un certain nombre de fois au cours des dernières années. L’an dernier, deux grecs ont été arrêtés pour avoir battu un égyptien de 30 ans, bloquant sa tête dans la fenêtre d’une porte de voiture et le traînant pendant environ un kilomètre.

En 2008, les migrants travaillant dans les plantations de Nea Manolada, connue pour ses fraises, ont entamé une grève de quatre jours pour protester contre des salaires de misère et des conditions de vie sordide. Lire la suite

Des initiatives citoyennes pour une gestion sociale des déchets, par Chryssoula Anastassiadou

http://www.autogestion.asso.fr/?p=2973

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Les politiques de privatisation de la gestion des déchets aboutissent à la multiplication des incinérateurs. Face à cela, les citoyens se mobilisent. Au-delà de la résistance, l’initiative prosynat construit une alternative écologique qui vise à la réduction des déchets et une gestion décentralisée de leur traitement.

Face à la politique du gouvernement grec qui distribue des droits de construction d’incinérateurs de déchets – choix le plus coûteux et le plus polluant -, les habitants des villes où ces équipements doivent être installés se mobilisent pour refuser la dégradation de leur environnement et proposer comme alternative, une gestion sociale et décentralisée des déchets. A Keratea, petite ville du sud-est d’Athènes, les  habitants ont réussi à annuler le projet d’installation d’une décharge en plein air en dépit d’un siège policier de 128 jours (http://antixyta.blogspot.fr et  http://lavreotiki.com). Fort de ce précédent, des citoyens se sont rassemblés pour créer des initiatives de coordination des luttes et d’élaboration de propositions alternatives. Lire la suite