Austérité en Europe : des centaines de milliers de manifestants dans les rues, quelques heurts

http://abonnes.lemonde.fr/europe/article/2012/11/14/austerite-en-europe-des-centaines-de-milliers-de-manifestants-dans-les-rues-quelques-heurts_1790696_3214.html

Portugal

« Espagne, Grèce et Portugal, notre grève est internationale », scandaient les protestataires à Lisbonne. « Ils ont privatisé l’eau, ils nationalisent la faim », « Dehors le gouvernement, fin de l’austérité », « A bas le gouvernement, traître à la nation », pouvaient-on lire sur quelques banderoles.

La police portugaise a chargé mercredi soir les protestataires rassemblés devant le Parlement. Les forces de l’ordre ont repoussé les protestataires à coups de matraque après avoir été pendant plus d’une heure la cible de jets de pierres et d’ordures.

Alors que plusieurs milliers de personnes ont manifesté dans la rue, la grève générale a principalement affecté les transports et services publics. « La ‘troïka’ dehors », clamaient des affiches réclamant le départ des créanciers du Portugal qui évaluent actuellement les mesures d’austérité mises en œuvre par le gouvernement en échange de l’aide internationale de 78 milliards d’euros accordée au pays en mai 2011. « Cette grève est une des plus grandes jamais réalisées au Portugal. C’est la grève générale de l’indignation ! a lancé le secrétaire général du syndicat CGTP, Armenio Carlos. Cette première grève ibérique [est] un signal fort de mécontentement et un avertissement aux autorités européennes.

Espagne

En Espagne, où la riposte populaire contre le chômage et la précarité grandit, des heurts ont éclaté dans le centre de Madrid lorsque la police anti-émeutes a tenté de disperser un groupe de manifestants.

Une manifestation monstre a envahi mercredi soir les rues de Madrid. Des centaines de milliers de personnes au moins, selon des estimations de l’AFP, ont défilé dans la capitale espagnole, à l’appel des syndicats ou rassemblés par la mouvance des indignés face aux barrages de police qui protègent la chambre basse du Parlement.

Plus tôt, la police anti-émeutes a dispersé des centaines de manifestants à coups de matraque et en tirant en l’air des balles en caoutchouc. En début de soirée, 82 personnes avaient été interpellées et 34 blessées dans des incidents isolés.

L’Espagne, quatrième économie de la zone euro, étranglée par un chômage qui frappe un quart des actifs, a vécu au ralenti pour cette deuxième grève générale depuis l’arrivée au pouvoir, il y a près d’un an, du gouvernement conservateur de Mariano Rajoy. La Commission européenne a commencé à desserrer l’étau autour de l’Espagne mercredi, en annonçant qu’elle ne demanderait pas d’efforts supplémentaires au pays pour la période 2012-2013, même s’il ne devrait pas être en mesure de respecter ses engagements sur le plan budgétaire

Voir :Frictions entre police et manifestants à Madrid: http://abonnes.lemonde.fr/europe/video/2012/11/14/frictions-entre-police-et-manifestants-a-madrid_1790414_3214.html

Italie

Près d’un millier de personnes ont pris part à un cortège qui a traversé le centre-ville de Rome. Des incidents violents ont opposé la police aux manifestants à Milan et à Turin.

Quelques milliers de personnes ont défilé en Italie, à Turin, Rome et Milan. Une grève de quatre heures a été organisée à l’appel de la principale confédération syndicale, la CGIL. C’est à Turin, dans le nord du pays, que les affrontements les plus sérieux ont éclaté, lorsque des autonomes ont roué de coups un policier, brisant son casque et lui cassant un bras. Cinq autres policiers ont été légèrement blessés à Milan en marge des manifestations.

Les affrontements les plus sérieux ont eu lieu à Turin, devant le siège du département, où des autonomes ont roué de coups un policier, brisant son casque et lui cassant un bras.

Grèce

A Athènes, plusieurs milliers de manifestants se sont réunis dans une ambiance festive devant le Parlement.

Environ 5 000 manifestants se sont rassemblés à Athènes selon la police. Mais le fait le plus marquant au cours de cette journée a été la charge contre l’austérité du banquier Charles Dallara, sorte de patron des patrons chez les banquiers de la planète.

Devant un parterre de banquiers grecs, l’Américain qui dirige l’Institut de la finance internationale, organisme installé à Washington qui représente les 400 plus grandes banques du monde, a estimé qu’il était « temps de reconnaître que l’austérité seule condamne non seulement la Grèce, mais l’intégralité de l’Europe à la probabilité d’une ère douloureuse ». M. Dallara a sévèrement critiqué les cures d’austérité imposées à la Grèce depuis 2010 par ses créanciers, qui ont fait plonger l’économie du pays dans une récession historique cumulée équivalent à une chute de 20 % du PIB.

Des manifestations ont également eu lieu en France. Plusieurs milliers de personnes ont commencé peu avant 14 h 30 à défiler à Paris.

Voir : Vague de manifestations à travers l’Europe : http://abonnes.lemonde.fr/economie/video/2012/11/14/vague-de-manifestations-a-travers-l-europe_1790674_3234.html 

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