Partie C: Le fascisme en tant que solution du système

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Fascisme et crise économique – Partie C

Comme on l’a déjà mentionné, le discours d’Aube Dorée oriente le problème de la crise vers la xénophobie et non pas vers l’exploitation des travailleurs et les luttes de classes. L’intérêt des grecs selon ce parti est le même pour tous : le progrès de la nation (contre toutes les autres). Ainsi pauvres et riches, exploités et exploiteurs appartiennent au même camp et tous doivent travailler pour la patrie. Ceci évidement ne peut être favorable qu’aux patrons.

Parallèlement, les mesures d’austérité passent à l’arrière-plan et les populations immigrées sont quotidiennement rendus responsables de la hausse de la criminalité, du chômage, de l’évasion fiscale, des dysfonctionnements du système de providence et autre.

En ce qui concerne le chômage, l’Aube Dorée a créé récemment ses propres listes de chômeurs, Grecs bien sûr. Les membres du parti visitent ensuite des entreprises et des usines et exigent que les patrons licencient les personnes étrangères y travaillant et qu’ils embauchent des Grecs à leur place avec les  mêmes conditions de travail. Au delà du racisme évident de cette pratique, la dégradation des droits de la population grecque du pays est imminente puisque ces droits sont assimilés à ceux des populations les plus exploitées et les moins protégées du pays. Autrement dit, au lieu de se battre pour que tous les travailleurs améliorent leurs droits de travail, Aube Dorée finit par casser les droits  de tous : grecs et étrangers, cette pratique conduisant à un cercle vicieux.

Dans un deuxième temps, les revendications ouvrières sont considérées comme des réminiscences gauchistes/communistes et les personnes qui s’en réclament sont presque considérées comme des ‘ennemis de la patrie’. C’est pour cela qu’après les immigrés, Aube Dorée a attaqué des personnes de ces milieux. Ainsi, une nouvelle forme de répression apparaît, cette fois-ci paraétatique et donc beaucoup moins contrôlable et plus violente. Ne soyez pas étonné si dans le futur proche des milices fascistes attaquent des grévistes et des manifestants. Les attaques incendiaires de plusieurs squats et centres sociaux se sont d’ailleurs multipliées  ces derniers mois… Les fascistes constituent donc des forces inavouées du système quand ce dernier veut augmenter encore plus son niveau de violence envers la multiplication des luttes sociales.

Les militants gauchistes / libertaires ont désormais à faire face non seulement aux patrons et au capital mais aussi aux fascistes. Une grande quantité d’énergie et des nouvelles mesures de protection doivent être ‘consacrées’ à cet ennemi qui réapparait.

Dans un troisième temps, quand les luttes sociales deviennent trop fortes et questionnent au quotidien le pouvoir établi, le fascisme a encore une autre fonction: les grèves, les manifestations et les revendications sociales en général se présentent égales aux actes violents et racistes des fascistes. Tout acte qui sort de la légitimité bourgeoise établie doit être considéré de la même façon et condamné par la société, que ce soit un coup de couteau à un immigré ou la reconduction d’une grève jugée illégale par un tribunal.

Mais les dirigeants politiques grecs vont encore plus loin : en ces temps de contestation totale et de luttes sociales importantes (parfois violentes) des milieux de gauche/anarchistes d’une part, et de violence raciste des milieux fascistes d’autre part, l’Etat vient jouer le rôle du protecteur de la paix sociale.

C’est d’ailleurs le seul rôle qu’il peut jouer puisqu’il a perdu la capacité de diriger efficacement le pays et de donner de l’espoir à la population.

Fascisme: la solution ultime du capitale et des patrons

On pourrait croire que dans un pays qui a autant souffert de l’occupation des Nazis et de la dictature des colonels, les idées du fascisme ne seraient plus évoquées à large échelle.

Malheureusement la réalité nous réveille brutalement de cette pensée naïve…

La lutte contre le fascisme ne doit pas être considérée comme une lutte à part ou une lutte pour les droits de l’homme. La montée du fascisme doit être abordée comme la solution ultime du capital quand celui-ci arrive à ces crises endosystemiques.

Le moment où cette crise éclatera n’est pas connu, le gant nous sera jeté soudainement et assez brusquement…

Le résultat de nos luttes n’est pas pré-acquis, les chances sont au contraire contre nous.

C’est l’histoire de nos camarades du passé et les luttes de nos camarades du présent en Grèce et ailleurs qui montrent le chemin et nous rappellent nos devoirs de résistance et de préparation d’une société basée sur nos principes justes et émancipateurs.

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