Partie A : Plans d’austérité, effondrement de l’Etat Providence, pauvreté-désespoir et montée du Fascisme

https://nouvelleshorslesmurs.wordpress.com/2012/11/01/fascisme-et-crise-economique/

Fascisme et crise économique – Partie A

Ces trois dernières années, suite aux mesures des politiques d’austérité, la totalité des travailleurs de Grèce ont subi une attaque sans précédent de leurs droits et de leurs niveaux de vie. Salaires, retraites et allocations ont diminué plusieurs fois, les entreprises publiques sont vendues les unes après les autres, le chômage atteint des chiffres records : officiellement 25.1% et au 54.2% pour les jeunes de moins de 24 ans. En parallèle, les dépenses pour la santé et l’éducation ont aussi baissé considérablement du fait des fermetures ou fusions des écoles et des hôpitaux, et des manques de matériels souvent graves. Le nombre des personnes SDF a aussi augmenté : estimation de 40.000 personnes surtout dans les grandes villes, ce qui signifie une hausse de 25%.

On peut sans aucun doute constater que les politiques exigées par la Troika (rappel : Union Européenne, Banque Centrale Européenne et Fonds Monétaire International) et appliquées par les derniers gouvernements grecs ont poussé une grande partie de la société grecque dans la pauvreté, la misère et l’incertitude.

Depuis le début de la crise, tous les partis qui ont participé aux derniers gouvernements (et ont voté les mesures d’austérité) ont perdu une grande partie de leurs électeurs. Le fameux PASOK (PS grec) a chuté du 40% à 12%, la Nouvelle Démocratie (centre droit) du 40% à 29% et le parti de l’extrême droite LAOS s’est retrouvé hors du parlement.

On pourrait dire que les partis pro-austérité (surtout du centre) se sont effondrées.

Montée du Fascisme

Dans ce cadre, une partie de plus en plus inquiétante de la société grecque se dirige vers l’extrême de l’extrême droite : le parti Aube Dorée.

Il s’agit d’un parti qui était minuscule jusqu’à il y a 2-3 ans ; aux élections de 2009 ils ont obtenu environ 20.000 votes, 0.29%. En se présentant anti-systémiques, nationalistes et incorruptibles ils ont réussi à ‘ramasser’ des votes de protestation et de désespoir, du centre à l’extrême droite en obtenant 425.000 votes, 6.92% aux élections de mai 2012.

Leur discours se base sur deux axes principaux : le ciblage des immigrés, considérés comme responsables des malaises de la société grecque et la corruption des gouvernements grecs depuis la fin de la dictature en accusant la Démocratie pour ce fait.

Dans ce temps d’effondrement total de l’Etat Providence, ils prétendent qu’ils sont les seuls à aider ‘les Grecs’, que ce soit en offrant de la nourriture, du travail ou en ‘chassant’ les immigrés qui selon eux sont responsable de la hausse de la criminalité et le chômage.

En réalité, Aube Dorée a réussi à établir un réseau de propagande assez puissant où des histoires et des rumeurs se transmettent via internet. Ainsi les membres du parti se présentent comme des gens qui aident les vieilles femmes pendant leurs achats, qui offrent de la nourriture aux pauvres, qui luttent contre le commerce ‘au noir’ et qui libèrent des appartements des ‘envahisseurs immigrés’.

Souvent, des histoires de criminalité de personnes immigrées apparaissent sur des sites douteux mais populaires, et qui servent à la propagation de la haine de l’étranger; sauf que ces histoires sont très souvent fictives : dans 2-3 cas des journalistes ont essayé de vérifier la vérité des faits présentés et ils n’ont rien trouvé.

Pour Aube Dorée, l’important n’est pas tant d’agir que de montrer qu’on agit.

Tout cela contribue à faire entendre (de manière quasiment permanente) des nouvelles sur le soi-disant travail social d’Aube Dorée et à leur conférer une image de héros pour une partie de la société grecque.

En même temps, on pourra dire que la crise économique a conduit à l’émergence des instincts les plus sombres d’une partie de la société grecque; instincts qui durant ces derniers décennies étaient dissimulés derrière, d’une part la fausse prospérité du pays, et d’autre part la dénonciation des pratiques/idées de l’extrême droite qui a suivi la fin de la dictature en 1974.

D’une façon un peu plus générale, en Grèce (comme ailleurs), pendant les 20 dernières années surtout l’intérêt pour la politique et la culture générale étaient considérés comme exceptionnels… Ceci a conduit à une société peu éduquée et intéressée par le seul profit immédiat et l’individualisme. Appauvrie à l’extrême et presque forcée  d’avoir une opinion politique, une partie de cette société s’est attiré par l’Aube Dorée.

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