L’inexorable descente aux enfers du système de santé de la Grèce, par Benoît Vitkine

http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/11/26/grece-l-inexorable-descente-aux-enfers-du-systeme-de-sante_1795828_3214.html

C’était en 2009, il y a une éternité. L’époque où l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) jugeait le système de santé grec « relativement efficace », l’époque où les médecins de Thessalonique avaient réussi à soigner le mélanome dont souffrait Mme I. Trois ans plus tard, quand le cancer est revenu, ils n’ont pas même essayé.

C’est M. I. qui raconte. Anonymement, par peur de « représailles » : « Les médecins ont prescrit un traitement à ma femme, mais comme les dépenses engagées étaient potentiellement lourdes, celui-ci devait désormais être validé par une commission de médecins et de responsables de l’administration. Cette commission a refusé le traitement, et quand je suis allé chercher les résultats, l’un de ses membres m’a pris à part : « Nous avons dû faire un choix, et nous allons garder l’argent pour soigner des enfants. Votre femme a 62 ans, laissez-la donc mourir à la maison ». » Lire la suite

Publicités

Bulletin d’informations du 24 novembre 2012 en Grèce, by Krot on Mixcloud

http://news.radiobubble.gr/2012/11/bulletin-dinformations-du-24-novembre.html

Bulletin d’informations du 24 novembre 2012 en Grèce

You can find the same text in english here: The Greek news bulletin 17 – 24 November 2012

1. Encore une manifestation s’est déroulée dimanche 18 novembre à Halkidiki, dans le nord de la Grèce, contre un projet de mise en place d’une mine d’or, qui provoquerait une catastrophe environnementale majeure. Le projet est dirigé par le magnat grec Bobolas et l’entreprise canadienne Eldorado Gold; au cas où le projet se réalise, il va générer une déforestation massive et une pollution irreversible au niveau des aquifères locaux. Lors de la concentration des manifestants, il y a eu une certaine tension entre ceux qui supportent le projet et ceux qui sont contre. Lire la suite

Europe : fin de partie ? par Jacques Sapir

http://ragemag.fr/europe-fin-de-partie/

Le processus dit de « construction européenne » vient de subir, avec l’impasse sur la programmation budgétaire pour les années 2014-2020, et accessoirement pour le budget de 2013, de l’UE un triple échec : économique, politique et symbolique. La question symbolique est certainement la plus importante. Cette impasse, qui au mieux durera jusqu’au début de 2013, vient après le blocage sur la question de l’aide à accorder à la Grèce du début de la semaine, et des négociations extrêmement dures quant à la part respective des États au sein du groupe aéronautique EADS mais aussi une réduction importante des ambitions de l’Europe spatiale. Il est hautement symbolique que ces événements soient tous survenus dans une période d’environ huit jours. Ils témoignent de l’épuisement définitif de l’Union Européenne à incarner « l’idée européenne ». Lire la suite

Grèce: chambardement socio-politique (II), par Charles-André Udry

http://alencontre.org/europe/grece-chambardement-socio-politique-ii.html

Chaque jour, les données ayant trait à la situation socio-économique grecque confirment, de manière déchirante, ce que nous avons qualifié de destruction de la fabrique sociale [voir sur ce site l’article en date du 18 novembre 2012: «Grèce: miner la “fabrique sociale”» (I)]. Ainsi, le 22 novembre 2012, le Ministère «de l’ordre public et de la protection des citoyens»publiait les chiffres officiels des suicides et tentatives graves enregistrées de suicide entre le 1er janvier 2009 et le 28 août 2012.Le ministre Nikos Dendias répondait à une question posée par un député de SYRIZA. Celui-ci exigeait des données certifiées concernant les suicides ainsi qu’une confirmation du rapport de l’Unicef indiquant que 439’000 enfants souffraient de malnutrition. Sur ce dernier point, Dendias a, pour l’instant, fait l’impasse. Les chiffres ayant trait aux suicides s’égrènent de manière lugubre ainsi: 2009: 677; 2010: 830; 2011: 927; 2012: 690 jusqu’au 23 août. C’est à Athènes (355) et à Thessalonique (319) que ces actes de désespoir sont les plus nombreux. Le ministre, qui est aussi connu pour ses campagnes vigoureuses contre les migrant·e·s, dans sa déclaration, a séparé la croissance si explicite des actes de désespoir du contexte social, en mettant l’accent sur des causes «singulières». Or, ce que l’on pourrait qualifier de «causes singulières» s’amalgame spécifiquement dans un contexte qui les transforme ainsi en passages à l’acte.

Euthanasier, de fait, les malades chroniques?

Nous avions aussi mis en relief le seuil misérable du salaire minimum pour les moins de 25 ans (comme d’ailleurs celui pour les plus de 25 ans). Le 18 novembre, dans un débat sur la web TV E-Nikos.gr, un étudiant en comptabilité, Vasilis Themistoklis, mit en déroute les représentants politiques de la coalition gouvernementale. Il additionna simplement les dépenses contraintes, puis a soustrait ce montant du salaire minimum net de 450 euros, tel que décidé par le gouvernement et la Troïka au nom de la «restauration de la compétitivité» et du paiement de la dette. Lire la suite

Grèce: miner la «fabrique sociale» (I), par Charles-André Udry

http://alencontre.org/laune/grece-miner-la-fabrique-sociale-i.html

La phase qui s’étend du 20 octobre au 17 novembre 2012 [1] est d’une particulière importance dans la situation socio-politique de la Grèce. Ses conséquences sont encore difficilement prévisibles. Dans un premier temps, saisir de manière quelque peu précise les traits de la sombre et dangereuse situation socio-économique nous apparaît comme un préalable avant des considérations sur le «modèle Syriza».

Une récente étude rendue publique par le professeur Haralambos Papa Georgiou, à l’occasion de la conférence nationale de pathologie interne qui s’est tenue à Athènes du 18 au 20 octobre 2012, indiquait que 33% des femmes et 25% des hommes vivant en Grèce souffraient de dépression moyenne à sérieuse. La cause principale en était les répercussions de la dépression économique, avec toutes leurs manifestations sur la vie quotidienne d’une très large majorité de Grecs et sur les possibilités d’une projection dans l’avenir. Lire la suite

How could Greece and Argentina – the new ‘debt colonies’ – be set free? by Ha-Joon Chang

https://apps.facebook.com/theguardian/commentisfree/2012/nov/25/greece-debt-crisis-didnt-need-to-be-this-bad

If nations were able to go bankrupt like companies it would benefit everyone, especially society’s poorest

Protesters wear chains in a protest against Greece’s austerity measures. The burden of debt falls mostly on the weaker members of society. Photograph: Aris Messinis/AFP/Getty Images

Colonialism is back. Well, at least according to leading politicians of the two most famous debtor nations. Commenting on the EU’s inability to deliver its end of the bargain despite the savage spending cuts Greece had delivered, Alexis Tsipras, the leader of the opposition Syriza party, said last week that his country was becoming a « debt colony ». A couple of days later, Hernán Lorenzino, Argentina’s economy minister, used the term « judicial colonialism » to denounce the US court ruling*  that his country has to pay in full a group of « vulture funds » that had held out from the debt restructuring that followed the country’s 2002 default.  Lire la suite