Communiqué des 15 militants anarchistes-antifascistes

https://nouvelleshorslesmurs.wordpress.com/2012/10/22/communique-des-15-militants-anarchistes-antifascistes/

« Aujourd’hui, l’Etat a déclaré la guerre civile. Tous ceux qui ne tombent pas sous les coups de couteau des fascistes sont jetés en prison par des jugements rendus par des tribunaux juntistes. Nous faisons appel aux combattants et à tous ceux qui estiment que la DIGNITE, la SOLIDARITE, l’EGALITE et la LIBERTE ne sont pas de vains mots mais un mode de vie pour qu’ils prennent conscience du moment historique que nous vivons et d’agir en conséquence.

Les IDEES ne se répriment pas et ne s’emprisonnent pas.

Les 15 personnes arrêtées ».

Ces derniers temps, les preuves, comme quoi le « simulacre de démocratie » utilisé en permanence par l’Etat devient flou et indistinct, se font de plus en plus nombreuses. Le choix de réprimer massivement, tous ceux qui ont choisi l’affrontement direct mais aussi ceux qui exigent l’évident, montre qu’il n’est plus possible de parler comme on le faisait il y a cinq, dix ans et plus.  La crise économique qui perdure et qui pousse de plus en plus de gens dans la misère et la pauvreté en exacerbant le cannibalisme social, la violence au sein des classes tout comme la montée du fascisme montrent le malaise social dont quiconque ne peut dire avec certitude quels en seront les aboutissements et les conditions. Face à une éventuelle explosion sociale GLOBALE, l’Etat durcit la répression, l’intimidation et la terreur, tout en blindant son arsenal juridique afin de garder de plus en plus ‘d’otages juridiques’. Les symptômes sont connus et se répètent. Interdiction de manifester ou de se rassembler, répression des grèves, violences brutales contre les manifestants et les grévistes, publications de photos et de renseignements personnels, évacuations des squats et des sites sociaux, descentes de police dans les écoles et les universités, saisies, arrestations, etc. Les exemples sont aussi nombreux que pernicieux.  Parallèlement, les gangs fascistes sont promus pour ‘assainir’ les arrières, là où l’État officiel ne parvient pas. Les pogroms contre les immigrants, les anarchistes ou les gens de gauche, les incendies volontaires de maisons, de magasins ou de haltes, les coups de couteau et les tabassages s’accompagnent d’une présentation de l’extrême-droite comme «anti-systémique» et comme une nouvelle proposition alternative. Il est important de souligner que le fascisme n’a jamais offert d’éléments nouveaux aux sociétés humaines.  Il ne fut que la béquille de l’Etat et, en période de crise (économique, politique ou systémique), il se chargea de soutenir les choix de l’autorité et lui offrit un répit temporel afin de se ressaisir et de surpasser les quelconques turbulences qui le secouaient.

C’est dans ces circonstances que nous avons décidé, en tant que militantes antifascistes, de participer à une marche motorisée antifasciste le 30/9/2012, qui débutait de la place Exarchia et aurait dû passer dans les quartiers où ont été perpétrés ces derniers temps des actes racistes-fascistes de plus en plus violents envers les immigrées. Ceci dans le but de réitérer notre solidarité, de briser la peur quotidienne, de donner du courage et de la force ainsi que d’offrir un exemple d’auto-organisation et de résistance à ceux qui vivent le racisme au quotidien et de prouver que, alors que la société grecque se fascise, il y a des gens qui croient et se battent pour l’EGALITE, la LIBERTE, la DIGNITE et laSOLIDARITE.
La marche motorisée a subi l’attaque féroce des Forces de Répression Motorisées, qui après avoir tabassé les manifestants, a procédé à l’arrestation de 15 d’entre eux/elles,les a torturé(e)s et les a détenu(e)s temporairement sur base d’accusations graves. Remémorer nos arrestations et notre séjour à la Direction Générale de la Police d’Attique (GADA) pendant 5 jours n’est pas l’objet de notre message. De plus, nous ne voulons pas accroître la logique de victimisation. Pour ceux qui n’auraient pas encore compris: l’Etat utilise tous les moyens possibles pour nous attaquer.  Il nous déclare la guerre et la guerre aura des pertes et des épreuves. Ce qui est particulièrement important, c’est le climat de guerre civile entretenu par les institutions structurelles et par les Forces de Sécurité ainsi que les gangs de flics, en uniforme ou non. Les références qu’ils ont faites aux combats de Grammo et Vitsi[1]à la guerre civile et à nos grands-parents nous montrent clairement la direction que prennent les choses. Ils essaient d’intimider les militants, de les pousser dans  l’illégalité et la peur puisqu’ils menaçaient les militants de leur rendre visite à domicile ou formulaient des menaces franches d’assassinat et d’autres menaces ridicules,…  Dans ce climat de guerre civile, les procureurs intensifient la terreur en menaçant de détention provisoire abolissant de ce fait le code de procédure pénale qu’ils sont censés servir et défendre. MAIS COMME… nous avons conscience de l’importance du moment historique ainsi que  de notre devoir envers nous-mêmes et l’histoire, nous ne pouvons que crier: PAS UN PAS EN ARRIERE!

Formons nos rangs, relevons le gant qu’y nous a été jeté et lançons-le leur au visage. Renforçons chaque foyer de résistance et de lutte, chaque cellule combattant la brutalité qui nous est infligée. Structurons notre férocité pour défendre la dignité humaine… la nôtre, celle du monde entier.

« … Au cours de cette marche beaucoup sont morts ou ont été capturés par l’ennemi, et bien d’autres ont été mis à l’écart ou blessés et ne seront plus présents dans ce type de réunions. Certains ont vu leur courage les abandonner et ont battu retraite mais jamais, j’ose affirmer, personne ne s’est écarté de sa formation jusqu’à ce qu’il atteigne le cœur même de la catastrophe… »[2]

SALUTATIONS MILITANTES AUX CAMARADES ANTIFASCISTES ARRETES A PATRAS,

AUX 4 CAMARADES ARRETES  AUX TRIBUNAUX DE EVELPIDON,

À TOUS NOS CAMARADES SOLIDAIRES EN GRÈCE ET À L’ÉTRANGER
RIEN N’EST FINI

TOUT CONTINUE

Les 15 militants anarchistes-antifascistes (certains d’entre eux étant de fiers petits-enfants de partisans-bandits anarcho-communistes[3])


[1] Les batailles qui eurent lieu sur les chaînes de montagne Grammo et Vitsi en août 1949 sont les derniers épisodes de la guerre civile grecque qui débuta en 1946.

[2] Extrait

[3]L’armée régulière grecque et les forces réactionnaires interpellaient les F.T.P. grecs « bandits »

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