La famine touche les prisons en Grèce : une des conséquence de la politique d’austérité imposée à ce pays

Il fallait s’attendre à ce que la politique de l’austérité qui touche essentiellement les droits sociaux et les services publics, entraîne comme conséquence la faillite de l’Etat vis-à-vis de  ses obligations élémentaires : nourrir les personnes  enfermées qui  se trouvent, par conséquence, dans l’impossibilité de se nourrir par leurs propres moyens.

Ci-dessous le texte publié par « L’initiative pour les droits des personnes détenues »  à propos des mouvements dans 13   prisons du pays (Grèce) en cours, depuis mi-septembre.

A Diavata, Komitini, Corfou, Grevena, Larissa, Domoko, Ko, Malandrino, Alikarnasso, Patra, Amphissa, kai Trikala,  les détenus se sont révoltés depuis la fin de la semaine dernière, en s’abstenant de leur travail ; dans trois prisons (Corfou, Malandrino et Patra), ils réfusent également leur repas à cause de la restriction à la nourriture « sèche ».

La situation dans les prisons de tout le pays est, depuis longtemps, arrivée à un point insupportable. Les déclarations de la dernière semaine, déjà timides, générales et imprécises et demandant du temps pour les réaliser, n’ont fait qu’allonger le long catalogue des promesses de tromperie et de manipulation faite aux personnes détenues.

De surcroît, le ministère de la Justice non seulement garde « un silence de poisson », en attendant de voir l’évolution de la dynamique de ces mouvements, mais il nie leur existence concernant certaines prisons. Comme cela s’est déjà produit dans le passé (les gouvernements changent mais certaines choses demeurent).

Comme le reste de la société, les personnes détenues se trouvent dans une situation critique ; elles ne peuvent plus faire preuve de patience car elles sont enfermées dans les cellules de la Grèce de Mémorandum où l’alimentation est proche de la famine, et où l’accès à l’eau chaude, au chauffage et aux médicaments est devenu un « luxe ».

Face à ces problèmes, le Ministère cherche des solutions  avec des bracelets de 3 000 euros, et des « bonnes intentions » qui vont être mises sur la balance des équilibres de la troika grecque (la composition tripartite de l’actuel gouvernement).

L’Initiative pour les Droits des Personnes Détenues soutient, évidemment,  avec toutes ses forces, ces mouvements et fera ce qu’elle peut pour casser le mur de silence qui couvre la lutte pour la dignité et la survie des personnes détenues dans les prisons grecques.

 

LES REVENDICATIONS

Les personnes détenues demandent, entre autres :

° Désengorgement immédiat des prisons

° De meilleures conditions de vie (nourriture, chauffage, propreté, etc)

° Présence quotidienne de médecin et des soins corrects

° Plus de postes de travail

° Facilitation des transferts vers des prisons agricoles

° Distribution permanente des produits de première nécessité par le service social

° Suppression de la Taxe de consommation des produits cantinés

°  Ramener le délai d’accès à la libération conditionnelle pour les personnes condamnées à des peines supérieures à 5  ans aux  3/7 au lieu de 3/5 actuellement

° Suppression de l’article 108 du Code pénal et confusion automatique de la peine en sursis avec la nouvelle peine en cas de nouvelle condamnation.

° Expulsion de tous les étrangers  qui le souhaitent après l’exécution de leur peine

° Suppression de la notion de « récidive » pour les toxicomanes, reconnaissance de leur statut de toxicomane et suppression des articles 23et 23A du Code pénal relatifs aux stupéfiants

° Annulation de toutes les sanctions disciplinaires

° Octroi de permissions de visite à toutes les personnes qui ont droit suivant les critères objectifs prévus par la loi

° Réduire la perpétuité à 12 ans et 4 ans de travail au lieu de 16 ans et 4 ans de travail (le temps travaillé dans les prisons en Grèce donne lieu à des réductions de peine)

° Réduire la durée maximale des peines à 20 ans  (y compris pour les toxicomanes)

° Supprimer la loi sur les infractions en bande organisée et des articles 187,187A et 187B du Code pénal

° Dépénalisation de l’usage des stupéfiants à titre personnel

° Reconnaissance juridique de l’expertise médicale relative à la toxicomanie comme cela est prévu par une décision ministérielle.

Date : 18/09/2012

Source : left.gr

Traduit par Georgia Bechlivanou Moreau

Une réflexion au sujet de « La famine touche les prisons en Grèce : une des conséquence de la politique d’austérité imposée à ce pays »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s