« Athènes aurait triché sur ses fonctionnaires » – l’enfumage du Figaro et d’Alexia Kefalas

http://www.okeanews.fr/athenes-aurait-triche-sur-ses-fonctionnaires-lenfumage-du-figaro-et-dalexia-kefalas/

Alexia Kefalas « révèle » dans cet article du Figaro que « la Grèce aurait triché sur ses fonctionnaires ».

Enfumage ?

La « preuve » d’Alexia Kefalas : 2 rapports de la troïka « selon lesquels la Grèce aurait violé les accords signés avec ses créanciers publics en 2010-2011 en embauchant 70.000 fonctionnaires et 12.000 personnes dans des collectivités locales, alors que le gouvernement socialiste du Pasok s’était engagé à en licencier plusieurs milliers pour honorer ses engagements vis-à-vis de Bruxelles.«

Alexia Kefalas : « Résultat, les chiffres sont confondants. En 2010, 53.000 fonctionnaires ont pris leur retraite. Ce à quoi il faut ajouter 40.000 départs en 2011. Or le rapport que Giorgos Zannias devait transmettre à son successeur, le banquier Vassilis Rapanos, révèle qu’il y a toujours officiellement 692.000 fonctionnaires, soit le même chiffre qu’en 2010 et la réduction nette n’a été en réalité que de 24.000 employés. » Lire la suite

Grèce: Tyrans et démocrates, par Michel Koutouzis

http://blogs.mediapart.fr/blog/michel-koutouzis/240612/grece-tyrans-et-democrates

Pauvre parti de la «Nouvelle Démocratie» ! Eternel Poulidor de la scène politique grecque, elle n’arrive qu’exceptionnellement au pouvoir, toujours avec des alliances contre nature. Les communistes par exemple, qui aujourd’hui tatillons idéologues quand il s’agit de s’associer  avec des partis de gauche ne trouvaient rien à redire en 1998 pour appuyer un gouvernement de  droite, juste pour pouvoir juger le premier ministre socialiste. Vous savez, le père de Georges Papandréou, celui par qui le scandale est arrivé. En balançant au monde entier les fausses statistiques servies à Eurostat par le seul gouvernement ND ayant gagné les élections depuis 1981 de manière autonome. Il aurait du se méfier : Son adversaire, Karamanlis, neveu de l’autre, celui qui s’opposa pendant un demi siècle au grand-père de Georges Papandréou, avait tout fait pour perdre les élections.

Un transfuge centriste, qui fut aussi le responsable de la fronde parlementaire qui aboutit au coup d’Etat des colonels, Mitsotakis, avait aussi gagné les élections. Pour perdre aussitôt. D’ailleurs monsieur Samaras, grand nationaliste et un tantinet anti-européen est aussi un transfuge. Ayant quitté la ND, il était revenu pour faire barrage à la fille de Mitsotakis qui espérait gagner les élections internes. Et qui quitta le parti dès le lendemain de la victoire de Samaras, pour le rejoindre à la veille des élections qui assuraient enfin son élection au parlement. Elle au moins, elle est « européenne ». Ella a toujours affirmé sa prédilection pour l’économie du marché et sa dérégulation. Moderne, quoi. Les voilà ces deux lascars à la tête d’une coalition hétéroclite, avec leur ennemi de toujours, le PASOK et les « modernistes » de gauche, encore un groupuscule « conséquent » par ce que « plutôt » « européiste ».    Cette fois, se dit Merkel « le compte est bon ».  Les « forces pro euro » l’ont emporté. Vraiment ?  Regardons de plus près : ND et PASOK ont perdu, ensemble, 50% de leurs électeurs.  La ND a eu 29, 66% des voix  et le PASOK moins de 13 %. Allez, ajoutons les 6% du DIMAR (la fameuse gauche « pro euro »). Total ? Un peu plus de 48%. Le reste des voix étant allé à des partis lesquels, quel que soit leur positionnement idéologique refusent les plans d’austérité et les termes de l’accord avec la Troïka. Lire la suite

Hold-up électoral à Athènes, par Vicky Skoumbi et Dimitris Vergetis

http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/210612/hold-electoral-athenes

«Parler d’élections libres est une duperie. La liberté n’est pas seulement une question de respect  tatillon de procédures formelles, elle relève surtout du libre exercice du droit de vote. Or, le peuple grec avait subi avant les élections un matraquage médiatique impitoyable.»

Le 17 juin, le peuple grec s’est prononcé pour un gouvernement de coalition autour de la Nouvelle Démocratie, c’est du moins sous cet angle que l’énorme majorité des médias présentent les résultats électoraux en Grèce. Le verdict populaire aurait porté au pouvoir ce parti et son ex-adversaire, et actuel allié, le Pasok. « C’est la volonté exprimée du peuple grec que tout bon démocrate a le devoir de respecter », martèle-t-on de tous les côtés. S’agit-il pour autant d’une volonté librement exprimée ? Depuis plusieurs mois, et plus particulièrement depuis le 6 mai, les dirigeants européens s’acharnent à terroriser le peuple grec en brandissant la menace de l’exclusion de l’Eurozone et en lui promettant l’apocalypse, si jamais il osait confier l’avenir du pays à Syriza. Les Grecs ont été mis face à un choix forcé, à l’instar du dilemme biaisé « la bourse ou la vie ». Le couteau sous la gorge, ils se sont résignés à porter le parti de droite, la Nouvelle Démocratie, au pouvoir – avec moins de 30% de voix, une majorité toute relative. Mais, dans ces conditions, parler d’élections libres est une duperie. La liberté n’est pas seulement une question de respect  tatillon de procédures formelles, elle relève surtout du libre exercice du droit de vote. Or, le peuple grec avait subi avant les élections un matraquage médiatique impitoyable, fait de déclarations allant de la menace sournoise à la consigne de vote. Dans le deuxième cas, l’exemple le plus flagrant est l’éditorial du Financial Times Deutschland, écrit en grec, qui exhortait les électeurs à ne pas voter pour  « le démagogue » –Tsipras, pour ne pas le nommer– tout en les appelant explicitement à voter pour la Nouvelle Démocratie. Dans le premier cas, Hollande, dans le rôle du conseiller amical, prévenait les électeurs grecs que, pour leur propre bien, il ne fallait pas voter Syriza au risque de le payer très cher. De l’intimation à voter pour la droite ou à voter contre la gauche radicale, se répète, à quelques nuances près, le même motif : surtout ne pas voter Syriza ! Ainsi une opération internationale de dépossession du peuple grec de sa souveraineté se déployait à ciel ouvert, sans que la plupart de ceux qui jurent par la démocratie ne trouvent grand-chose à redire. Lire la suite

23 juin 2012: Contre l’austérité en Europe, solidarité avec le peuple grec !

http://www.audit-citoyen.org/?p=2668

Samedi 23 juin se tiendront à Paris les Assises nationales des Collectifs pour un audit citoyen de la dette publique. Ces collectifs se sont créés depuis l’hiver dans plus de 120 villes pour mettre en débat les fausses évidences sur la dette et travailler ensemble à des alternatives à l’austérité. En perspective, une grande journée d’échanges, d’information et de mobilisation : une matinée de discussion sur les initiatives à venir, une après-midi de débats et un grand meeting européen à 18h à la rotonde de Stalingrad.

  • Samedi 23 juin 2012, programme des assises :

De 9h à 12h : travail en 3 ateliers à la Bourse du Travail (29 boulevard du Temple, Métro République)

  • Atelier 1: Comment poursuivre le travail d’expertise citoyenne ? (animation Esther Jeffers, Jean-Marie Harribey)
  • Atelier 2: quel audit pour les collectivités locales et les hôpitaux ? (animation Patrick Saurin, Pascal Franchet)
  • Atelier 3: quelles mobilisations européennes contre l’austérité et le Pacte budgétaire ? (animation Verveine Angeli, Daniel Rallet)

De 13h30 à 17h, dans la grande salle Eugène Hénaff de la Bourse du Travail

  • Le Tribunal de la dette (extraits)
  • L’Europe Mal-traitée (présentation du dernier ouvrage des Économistes atterrés), avec Benjamin Coriat, Henri Sterdyniak, Esther Jeffers
  • Les perspectives de l’audit citoyen (Damien Millet, Thomas Coutrot).

A18h : grand apéro / meeting à la rotonde de Stalingrad :

« Contre l’austérité en Europe, solidarité avec le peuple grec ! »

  • Prises de paroles de militants grecs et français engagés contre l’austérité : Frédéric Lordon, Stathis Kouvelakis (Syriza), Annick Coupé (Solidaires),  Pierre Khalfa (Fondation Copernic), Jacqueline Doneddu (CGT), Roxanne Mitralias, Noël Daucé (FSU), Aurélie Trouvé (Attac)
  • Interventions artistiques (La Parisienne Libérée, Christophe Alévêque (sous réserve), La Fanfare Indignée…

« Greece: the fight is far from over… » de Panagiotis Sotiris

En passant

Despite the signs of relief from the part of EU and IMF representatives, the results of the June 17 election reflect a society that is highly polarized along social and class lines, a society that is still facing an open social and political crisis, and that is still filled with anger. As a social and political landscape, it still resembles a battlefield, and the struggle is far from over. Whoever thinks of the future in Greece simply in terms of implementing successive waves of austerity packages, based on a simple projection of the possibility of a pro-austerity government, will soon realize that reality is always richer in possibilities.

If one looks at the electoral results, the signs of social polarization are more than obvious. The Left is the leading political force in the voters that belong to the productive ages (18-55), in wage earners, in people from working class and lower middle class strata, in people in urban areas. The Right is the leading force in the voters that belong to higher age groups (older than 55), to bourgeois and upper middle class strata and rural areas. It is obvious that people that are facing social disaster and insecurity and are reacting more in terms of anger and collective struggle tended to vote for the Left. On the other hand people who were reacting to the deterioration of living prospects in more phobic terms, or were in fear of losing whatever real or imaginary social gains they had, tended to vote more for the Right. The Right could also benefit from a deep-rooted conservatism especially in provincial Greece, where the consequences of the crisis have not been felt in the same way as in urban areas. Moreover, New Democracy could benefit from the fact that the total ‘right-wing’ electoral bloc (including both pro- and anti-Memoranda forces) was already big on May 6, thus giving it a broader initial electoral ‘reservoir’. Lire la suite