La peste brune relève la tète dans cette Grèce en crise terminale. Y a–t-il quelqu’un pour l’arrêter ?, par Yorgos Mitralias

Athènes, 28 juin 2012

Malheureusement, les lendemains des élections du 17 juin trouvent la gauche grecque aussi désemparée devant la menace néonazie qu’elle était avant le 6 mai.  La preuve ? Le succès de l’Aube Dorée est présenté comme une exception, comme un simple « point noir » d’une situation générale d’ailleurs très brillante. C’est ainsi que pratiquement toutes les composantes de la gauche grecque (y incluse SYRIZA) décrivent la situation comme un simple assemblage de bons et de mauvais résultats, feignant d’ignorer qu’aussi bien les « bons» que les « mauvais » points (c’est-à-dire l’apparition et le développement foudroyant des néonazis) font partie de la même situation globale, qu’ils sont interdépendants et qu’ils ont un même dénominateur commun, la crise historique de la société grecque, qui les conditionne tous !

La conséquence de cette approche superficielle de la réalité sociale et politique grecque par la gauche grecque est que le phénomène néonazi est assimilé à un…accident historique, à quelque chose de passager et finalement, à un fait politique d’importance secondaire si on le compare aux deux grands événements de temps présents : la montée en flèche de SYRIZA et l’effondrement du bipartisme traditionnel grec. Cependant, les faits sont têtus et résistent à de telles « analyses ».  D’abord, il y a l’activité  quotidienne de néonazis, qui devient de plus en plus redoutable, de plus en plus agressive, ne se limitant plus à viser uniquement les immigrés mais s’étendant désormais aux militants de gauche ou même à des simples badauds qui osent protester. Au lieu de s’assagir vue qu’elle a dorénavant une forte représentation parlementaire (comme le prévoyaient delà tort plusieurs dirigeants de gauche), l’Aube Dorée passe maintenant à l’attaque, tous muscles dehors, multipliant les provocations et les raids dans tout le pays, et revendiquant publiquement son « droit » de frapper qui elle veut quand elle le veut !  Lire la suite

Georges Soros, prédit la haine contre l’Allemagne

http://www.spiegel.de/wirtschaft/interview-mit-george-soros-zu-deutschland-und-zur-euro-krise-a-841021.html

Entretien avec Georges Soros. L’interview a été réalisée par Mathias Müller von Blumencron, Stefan Kaiser et Gregor Peter Schmitz

traduit de l’allemand par Sissie Bara

Avant le sommet de l’UE il y a une forte pression  sur les gouvernements européens. Le célèbre investisseur George Soros ne leur donne que peu de temps pour sauver l’union monétaire. Dans cette interview, il explique comment l’Allemagne a développé  une image de puissance impériale haïe – et pourquoi un retrait de l’euro serait extrêmement coûteux. Lire la suite

Chypre : une nouvelle Irlande ? par Stavros Tombazos

http://www.cadtm.org/Chypre-une-nouvelle-Irlande

Alors que le modèle de développement chypriote, fondé notamment sur le tourisme bon marché, semblait depuis les années 1990 avoir atteint ses limites, les années 2000 avant la crise mondiale ont constitué des années d’une forte croissance économique. Chypre a adopté l’euro en 2007, mais le taux de change de sa monnaie nationale par rapport à l’euro était fixé, de manière informelle, depuis longtemps. Comme d’autres pays de l’Europe du sud, Chypre a pu profiter de taux d’intérêt réels très faibles, qui ont favorisé aussi bien l’investissement que la consommation des ménages. Ces taux d’intérêt s’expliquent principalement par des entrées nettes de capitaux russes créant une liquidité bancaire abondante. Aujourd’hui, la grande dépendance du système bancaire chypriote à l’égard des dépôts russes est indéniable.

En même temps cependant, comme en Grèce et en Espagne notamment, à Chypre les taux d’intérêt faibles et l’activité économique soutenue des années 2000 avant la crise s’accompagnaient de déficits croissants da la balance courante. De presque 4% en 2000, le déficit de la balance courante est monté à 12,2% en 2008. Mais les économistes néolibéraux ne voulaient rien savoir des inquiétudes d’autres économistes « dogmatiques » qui « ne comprennent rien des vertus de la finance à l’heure de la mondialisation ». Bien sûr, depuis la crise, le déficit de la balance courante diminue à cause de la baisse de l’investissement et du pouvoir d’achat des salariés. En 2001 était de l’ordre de 7, 3%. Lire la suite

Message de solidarité de la communauté académique grecque aux étudiants en lutte au Québec

http://andrewgavinmarshall.com/2012/06/19/146-greek-academics-shows-solidarity-with-quebec-students-message-de-solidarite-de-la-communaute-academique-grecque-aux-etudiants-en-lutte-au-quebec/

Nous, enseignants aux universités grecques, expriment notre solidarité à la mobilisation extraordinaire des étudiants au Québec.

La grève étudiante la plus longue et la plus massive dans l’ histoire de l’Amérique du Nord qui est en train de devenir une des campagnes les plus importantes dans le monde contre l’austérité.

La communauté académique en Grèce suit avec indignation, mais aussi avec espoir, la lutte des étudiants afin de bloquer l’augmentation des droits de scolarité universitaire et résister à l’attaque néolibérale sans précédent aux charges sociales.

Nous suivons avec indignation, parce que la répression draconniene exercée par le gouvernement a menacé non seulement la libre expression et les droits démocratiques, mais aussi la vie même des étudiants en lutte, ainsi que celle des enseignants, du personnel  administratif des universités et d’autres citoyens solidaires. Les lois qui limitent fermement le droit de manifester menacent la démocratie et tentent de bâillonner toute voix qui résiste aux réformes néolibérales de l’éducation. Quand la démocratie est en jeu, la désobéissance devient une obligation. Lire la suite