Bienvenue à la crise!

Wolfang Münchau

traduit de l’allemand par Sissie Bara

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La BCE a injecté un billion d’euro dans les caisse des banques  pour stabiliser  la situation. Mais l’idée de gagner par cela du temps se révèle illusoire. En Espagne la situation est encore pire. Aux marchés des capitaux c’est la nervosité qui domine:  Actuellement nous sommes au point où nous étions avant Noël.

Bienvenue à la crise! Il n’ya pas si longtemps, quand l’Allemagne a refusé à Bruxelles l’augmentation du montant de fond de sauvetage, parce que selon elle  les marchés ont été finalement calmé. Cependant ces derniers jours, les marchés se sont effondrés à nouveau. Qu’est-ce qui a changé au cours de ces dernières semaines?

Il y a eu deux  facteurs qui se sont intervenus. Le première concerne l’Espagne et le seconde la Banque centrale européenne. Les marchés attendent désormais que l’Espagne aura besoin plus tard  dans cette année d’un plan de sauvetage. Si cela arrive,  le plan de sauvetage s’avérera trop petit. En quelques mois, nous serons à nouveau confrontés face au dilemme classique:  à savoir  d’augmenter de nouveau le montant du plan de sauvetage,ou de risquer la sortie de l’Espagne de la zone euro.

Le gouvernement espagnol a proposé la semaine dernière un budget qui permettra cette année, de faire des économies jusqu’à concurrence de 27 milliards d’euros. Le problème est que l’Espagne est déjà en récession. Le taux de chômage est de 23%, et celui des jeunes dépasse le 50%.

L’Espagne est aujourd’hui, là où la Grèce  était il y a deux ans

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Ceux qui épargnent pendant la période où  la production économique est en baisse, se comportent de façon procyclique. Cela signifie que la politique budgétaire renforce la récession. Le mécanisme consiste dans une interaction entre l’épargne nationale, et l’épargne privée. Une nouvelle baisse des prix du logement,  entraîne des pertes supplémentaires par les banques, un resserrement du crédit plus persistante, une récession plus grave, des recettes fiscales faibles, des déficits plus élevés et de nouveaux programmes d’économies. Il peut prendre de nombreuses années pour sortir de ce cercle vicieux. Pour l’Espagne, je m’attends à une dépression qui durera une décennie.

L’ironie c’est que le taux de l’endettement  de l’Espagne est en hausse, alors que le pays rembourse ses dettes. La raison c’est que le quota est un quotient : Si le dénominateur c’est à dire l’activité économique,  tombe plus fort que le compteur – les dettes-, le quota monte.

Les marchés ne croient plus à la stabilisation des dettes de l’Espagne. Ce n’est pas par hasard que la dernière attaque de panique aux marchés se passe exactement la semaine dans laquelle le premier ministre espagnol Mariano Rajoy annonçait pour 2012 des mesures d’économies de dix milliards d’euros, par des « augmentations de rendement » dans le secteur de santé et aux écoles. Maintenant, l’Espagne est là où la Grèce y était deux ans avant.

Il n’y a que deux façons pour sortir de ce cercle vicieux. La première est la sortie de l’euro. La deuxième  c’est un programme de sauvetage qui se termine en une dette pour le secteur financier. C’est crucial de dire  ici que ces dettes ne sont pas des dettes nationales, mais des emprunts aux banques. Ainsi nous allons protéger  les banques, puis on va les forcer à la faillite ou la fusion.

La deuxième raison pour les marchés d’être pessimiste, c’est l’évolution des perceptions au sujet de la politique de la Banque centrale européenne (BCE). En Décembre et en Février, la BCE a poussé un milliard d’euros de bons de liquidités dans le secteur bancaire. Les marchés ont d’abord réagi avec enthousiasme. L’idée était que les banques empruntent de la BCE de l’argent pas cher avec une période de remboursement de trois ans, alors qu’elles allaient racheter à court terme  à leurs gouvernements des obligations et assainir ainsi le marché obligataire. La BCE  par ses statuts  juridiques, ne pouvait pas acheter elle même des obligations. Donc, on a choisi de passer par les banques.

La politique de la BCE était comme une drogue

Cette théorie a un certain nombre de problèmes, qui sont devenus apparents. D’abord l’action se déroule de manière indirecte ce qui la rend plus coûteuse. Seule une partie de l’argent s’investi effectivement dans l’achat d’obligations. La BCE aurait gagné avec un petit programme de vente directe, beaucoup plus. Il est aussi économiquement et moralement pas clair, pourquoi ils ont glissé de l’argent aux banques alors que l’on a nié de le faire aux gouvernements. En Espagne, le problème n’était pas le secteur public, mais  les banques.

Il y a encore un autre problème technique important posé par l’opération de la BCE. Les banques doivent déposer des sécurités chez la BCE en échange de liquidité. Pour  faire cela elles se servaient à une partie des emprunts d’Etat acquis récemment. Puisque elles avaient besoin  des sécurités supplémentaires, elles devaient chercher d’autres solutions. En  conséquence : les sécurités dont on avait besoin dans le marché d’hypothèques, devenaient rares. Maintenant par l’opération de la BCE, beaucoup de banques n’ont plus aucun accès efficace sur cette source de financement économique privé normale. Ainsi, la politique de la BCE agissait comme une drogue. Ceux qui ont profité de l’excédent de liquidité, sont devenues immédiatement dépendantes.

La politique de la BCE n’a pas résolu la crise bancaire. En réalité, la situation des banques européennes reste toujours mauvaise. Et comme au Japon dans les années 1990, les gouvernements n’ont pas de stratégie pour résoudre efficacement ce problème.

La plus grande des absurdités était l’argument selon lequel la politique de liquidité menée par la BCE donnerait aux gouvernements le temps de résoudre la crise. Ce n’était qu’une illusion du temps. Cette politique a permis aux dirigeants de nier  une fois plus la réalité. De la nier pour une période de trois mois supplémentaire et mettre la question en veilleuse.

L’une des expériences nouvelles de cette crise est que les longs bancs sont  plus courts. Maintenant, après Pâques, nous sommes  encore au point où nous y étions avant Noël.

Source:http://www.spiegel.de/wirtschaft/service/0,1518,826868,00.html

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